Thérèse Clerc, une figure emblématique des luttes féministes

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17 février 2016 à 16 h 57 min  •  Catégorie Portraits de femmes et d'hommes, Sexorama par  •  0 Commentaires

Nous pleurons aujourd’hui Thérèse Clerc, figure emblématique des luttes féministes. C’était une femme au sourire large et au poing levé.  Elle en a mené des combats pour les femmes, pour l’égalité et la liberté. Cécile a eu l’occasion de la rencontrer à plusieurs reprises dans le cadre d’un projet qu’elle avait alors monté avec la Maison des femmes à Montreuil. Elle nous dresse le portrait d’une grande dame.(ndlr)

Thérèse Clerc, née en 1927, mère de 4 enfants et mariée à 20 ans, vit une première vie de famille « classique, bourgeoise et chrétienne » comme le raconte sa fille. L’homme travaille et gère la bourse, elle est femme au foyer. Elle parle de cette aliénation que provoque l’absence d’indépendance financière, de ces fins de mois difficiles où elle faisait une petite gâterie à son mari pour obtenir une rallonge sur la bourse. Elle raconte sans tabou la réalité de tant de femmes à cette époque.  En 1968, elle divorce, trouve un travail et assumera ensuite son homosexualité (regardez à ce sujet le magnifique documentaire « Les Invisibles » de Sébastien Lifshitz).  Elle adhère au mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception. Jusqu’au vote de la loi Veil, elle pratiquera des avortements clandestins dans son appartement de Montreuil.

En 2000, elle ouvre la Maison des femmes à Montreuil, un lieu militant, social et culturel,  qui vient d’être baptisé à son nom le 15 janvier dernier. A la Maison des femmes, on accueille, on échange, on débat, on lutte.

Puis, pendant près de dix ans, elle porte à bout de bras le projet de « La Maison des Babayagas », un lieu de vie autogéré pour les vieilles, comme elle dit, où « Il y aura un spa, des ateliers permanents, une université du savoir des vieux… Ce qu’on ne veut plus, c’est la boîte de chocolat et les parties de Scrabble ! » Le projet finit par voir le jour en 2013, grâce à un financement de Christine Boutin (ironie du sort), alors ministre du logement.

Thérèse Clerc a fait de sa vie un combat et une fête. Elle poussait des coups de gueules autant qu’elle riait aux éclats. Ses projets lui survivront et la lutte continue.

Merci Madame !

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