Love est un film de Gaspar Noé avec Karl Glusman, Aomi Muyock.

Synopsis : un homme est aspiré dans les souvenirs d’une relation amoureuse fusionnelle passée l’empêchant de profiter de sa vie et de son rôle présent…

Le mois dernier, je me rends dans mon cinéma de quartier avec mes lunettes 3D (presque les mêmes que celles que l’on reçoit pour un bon blockbuster américain…) pour aller voir Love.

Je rentre dans une salle remplie avec 1/3 de couples, 1/3 d’hommes seuls et dernier 1/3 composé de quelques femmes seules et de groupes d’amis, une certaine mixité dans laquelle on se sent très à l’aise quand bien même ce n’est pas une parité totale.
Arrive la première scène qui ne laisse aucune équivoque, j’assiste à une scène d’amour en gros plan et je trouve ça réjouissant de pouvoir la regarder librement sans avoir peur d’être accostée par un voisin entreprenant comme on pourrait l’imaginer dans un cinéma X.
J’apprécie enfin de voir des images à caractère pornographique qui s’identifient mieux à ma sexualité que les images aseptisées relatant davantage de l’exploit sportif que l’on peut voir dans la plupart des pornos.
Cela me permet même de ressentir une excitation naissante lors de certaines scènes et de prendre un malin plaisir à recevoir une éjaculation en 3D!
Passée l’exaltation de cette expérience nouvelle, l’histoire que je trouve peu intéressante, prend le dessus et ça devient assez vite ennuyeux.

Love vient récemment d’être interdit en salles aux -18 ans. Si je souhaite aujourd’hui apporter mon soutien à ce film, ce n’est pas vraiment par engouement pour l’histoire, mais plutôt pour l’expérience vécue en allant le voir, qui mérite selon moi d’être partagée avec un public averti dès 16 ans. Je me demande si cela n’est pas aussi une bonne chose que les ados puissent voir ce genre de films qui diffèrent des images porno classiques ou trash qu’ils ont déjà dû trouver sur le net…

Mais ce que je veux surtout partager, c’est la liberté que j’ai ressenti d’aller en tant que femme dans un espace public vivre une expérience sensuelle en me sentant en toute sécurité. J’aimerais que ce sentiment soit plus largement vécu et je redoute que ce type de d’action moralisante visant à réduire le nombre de cinémas qui projettent ce film ne le décourage.