Le soleil pointe le bout de son nez et les festivals commencent à afficher leur programmation. Festival Européen de la Photo de Nu arrive du 8 au 18 mai. Ça se passe à Arles, LA ville amoureuse de la photographie et c’est l’unique festival consacré uniquement à cette pratique interlope.

Si vous aimez mater des corps et des décors dans diverses expositions et positions, ce festival est fait pour vous. Il invite à un petit voyage à la découverte de photos de nus d’artistes du monde entier.

Petit tour d’horizon.

Chaque année, ce festival met en lumière le travail d’un artiste reconnu. Cette fois, hommage est rendu à Jean François Bauret, à qui l’on doit les plus belles photos de Gainsbourg et des « nus », tout en ombres et lumières, rivalisant de sensualité et de suggestivité.

Quant à l’invité d’honneur de ce festival – et rien que pour ça, ça vaut le détour – c’est l’inédit Claude François. Ça peut paraître surprenant, mais il s’est plus qu’essayé à la photographie érotique, sous le pseudo de François Dumoulin, avec à mon sens plus de talent que pour la chanson. Il choisissait des modèles qui ne le connaissaient pas : anglaises, suédoises, danoises, mais aussi quelques hommes. Il a mis en scène des photos érotiques, esthétiques, mais pas vulgaires, innovant incontestablement dans ce genre pour l’époque. Mais les photos sensuelles de Dumoulin ont très vite nuit à Cloclo et il a dû céder son journal érotique pour pouvoir poursuivre sa carrière de chanteur.

Il y a aussi une vingtaine d’autres artistes qui exposent, dont voici une petite mise en bouche. Clarisse Rebotier vous mettra en appétit avec une série « éroticoculinaire » en associant des petites sculptures de femmes lascives à des aliments divers et variés. Patrick Yvernat présentera « quelqu’une », cette femme que l’on croise tous les jours sans la voir : une chômeuse, une chef d’entreprise, une postière, une retraitée… Bref, vous et moi, nue sans artifice, simplement vraie. Les amateurs-trices d’esthétique plus masculine ne seront pas en reste, entre autres artistes, Marie Afdjene présente « Male nudes », un travail magnifique sur la relation entre la nudité masculine et la lumière.

Au-delà de la performance artistique, cet évènement met les corps à l’honneur dans leur diversité et avec leurs jolis défauts, loin des clichés refaits et surfaits. Et pour celles et ceux qui l’envisagent en pratique, le festival propose aussi des ateliers, voire même des espaces d’exposition.