Je suis arrivée à la sodomie un peu comme d’autres viennent au café. Au début, c’est tabou, impensable. Puis, en grandissant, j’y ai gouté, mais ce n’était pas bon d’emblée. Certains n’aiment d’ailleurs jamais. J’ai tout de même eu envie d’y revenir, par petites touches, empruntant des chemins tortueux. Aujourd’hui, je trouve ça délicieux et j’imaginerai difficilement de m’en passer.

Pourquoi ce n’était pas évident :

Au tout début, il a fallu surmonter plusieurs idées reçues :

ce n’est pas pour faire des bébés. Je trouve assez séduisant que la sodomie mette la reproduction dans une impasse. Par contre, je n’aime pas le fait qu’un(e) partenaire ait l’idée de me proposer une sodomie sous prétexte que j’ai mes règles, ça dénote un côté « plan B » que je trouve peu flatteur pour la sodomie.

c’est une pratique pour les mecs entre eux.

1. Mes amis homos ne sont pourtant pas tous des inconditionnels. D’ailleurs, selon une étude de 2011, menée par l’Université de l’Indiana et la George Mason University, seulement 35 % des personnes homosexuelles interrogées ont affirmé avoir pratiqué la sodomie au cours de leur dernier rapport sexuel.

2. Tout le monde à un anus

c’est sale. C’est relativement vrai, mais ça peut aussi l’être pour la pénétration, les cunnilingus, la fellation… Ou toute autre pratique mélangeant des liquides humains entre eux. Chacun met son curseur à son niveau, les plus hygiénistes peuvent faire des lavements, mettre des gants pour les préliminaires… D’autres comme moi se contenteront d’une bonne douche.

C’est un interdit. Juridiquement parlant, plus en France depuis 1791. Par contre, aux Bahamas, cette pratique vous coutera de la prison ou des flagellations. En Iran ou en Afghanistan, ça peut même être mortel. Religieusement parlant, le prophète condamne, mais chacun sa chapelle.

Ça fait mal. Autant, j’ai eu envie d’essayer, autant la douleur m’a passé celle de recommencer ! Avec du recul, je crois que la hâte et la précipitation y étaient pour beaucoup. Je ne suis pas venue à la sodomie d’emblée, j’ai même cru, après plusieurs essais infructueux, que cette pratique n’était pas faite pour moi. Et pourtant, quel plaisir !!!!

Pourquoi le plaisir a surpassé les craintes :

Voici les quelques pistes qui m’ont permis de m’adonner à l’enculade avec délectation, jusqu’à de redoutables orgasmes :

la glisse. Jamais je n’ai eu la sensation de trop de lubrification, j’aime consommer le gel sans modération, particulièrement en silicone.

les préliminaires. Chacun cherchera son chat mais je vous assure que si l’anus est stimulé dignement, avec tact et en douceur (ce qui n’exclut pas son entourage, notamment ce cher clitoris), il devient un véritable aspirateur lors d’une éventuelle pénétration.

la lenteur. Lorsque j’ai commencé à éprouver du plaisir lors d’une sodomie, j’étais la seule initiatrice des mouvements, l’enculeur était immobile et je l’en remercie. Autrement dit, durant la pénétration,  je me suis détendue, et je n’ai eu aucune surprise. Je cherchais les zones érogènes et celles qui l’étaient moins à mon rythme, en faisant des pauses, des allers, des retours…

l’écoute de son plaisir. J’ai joué avec mes muscles, mes doigts et autres jouets, seule. Je me suis familiarisée avec mon propre plaisir. Ce détour par moi-même était une étape charnière, même si je me sens bien plus stimulée dans les échanges avec autrui.

la communication, la confiance. Au risque de paraître « bateau », j’ai pu passer les frontières de la sodomie parce que je sentais que mon plaisir était au centre des débats. Je ne me suis pas fait sodomisée pour faire plaisir, mais bien pour mon propre désir.

D’aucuns diront ce qu’ils voudront sur la sodomie, mais au-delà des jugements et sans dogmatisme, j’attire votre attention sur le fait que cette pratique peut être une source terrible de plaisir, d’orgasme profond à inonder du sol au plafond.

Quelques lectures pour approfondir le sujet :

  • Enculée, de Pierre Bisiou
  • Le plaisir anal, de Tristan Taormino (une auteure)
  • Anthologie de la sodomie, de Bernard Guerin.

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