« Once » upon a time… ?

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Par Internet ou quelques magazines de société, vous avez peut-être déjà entendu parler de la nouvelle application de rencontres 2.0 : « Once ». Si le modèle original vient de Corée du Sud, Once est devenue l’appli française tendance du moment, représentant plus de 15 000 téléchargements par jour. Je l’ai testée pour vous.

La prise de position est simple : parmi la multitude d’applications qui existe déjà, Once veut être reconnue comme la première dite de « slow-dating » et devenir la référence d’une offre sérieuse et qualitative en matière de rencontres.

Par mon expérience (et celles de mes amis) sur divers sites ou applis, j’ai vu que tout était possible : des coups de cœur, aux plans cul, en passant par la belle histoire d’amour. Mais si on fait un petit tour d’horizon, on s’aperçoit que chaque plateforme de rencontre amoureuse mise sur un créneau bien précis. Par exemple, Attractive World et Meetic visent les plus élitistes ; Adopte un mec et Tinder s’adressent aux plus pressés ; Happn retrouve ton crush[1] croisé devant la poste de ton quartier, Glut’aime propose des rencontres sans gluten, JSwipe et Mektoube réunissent des personnes d’une même communauté religieuse.

Privilégier la qualité à la quantité

Le crédo de Once est de valoriser la rareté, de prendre son temps : le « slow-dating » donc. Pour le fondateur français Jean Meyer, « la lenteur est gage de qualité ». Au lieu de faire frénétiquement défiler d’un index pressé un nombre incalculable de profils, ici on ne t’en propose qu’un par jour, à midi pétante.

D’abord tu commences par créer ta fiche personnelle, avec toutes les infos habituelles. Puis tu précises tes « goûts et couleurs », comme ils disent : tranche d’âge, style, religion, orientation sexuelle : homo, bi, hétéro. Once est ouvert d’esprit !

En fonction du profil que tu crées, un entremetteur (une vraie personne, pas un algorithme) se charge de te proposer quelqu’un qui lui paraît adapté, comme les marieuses d’antan. D’autant que cet entremetteur affinerait sa sélection en fonction des profils que tu vas accepter ou refuser. Pour le coup je reste sceptique, car les jours passant, je n’ai pas trouvé que les rencontres proposées étaient mieux ciblées.

Tous les midis donc, la mignonne icône de Once, un petit crapaud violet coiffé d’une couronne, t’alerte pour te proposer un prétendant.

S’il ne te plait pas, tu déclines gentiment en cliquant sur la croix, et tu attends patiemment le lendemain pour une nouvelle proposition. En revanche, si tu aimes ce que tu vois tu cliques sur la petite couronne. Si la personne en face fait de même : félicitations ! C’est un match ! Cette validation te permet de commencer à papoter avec ton (ta) prétendant(e) : 24H d’exclusivité dans un premier temps. Pour la suite, on sait à peu de choses près comment ça se déroule : le feeling passe bien, on se rencontre et il se passe quelque chose, ou pas.

J’ai utilisé cette appli pendant un peu plus de 40 jours, et j’ai cliqué en tout à 4 reprises sur la couronne dorée. Le ratio n’est pas dingue, j’en conviens, mais j’ai joué le jeu de ne cliquer que lorsque j’étais vraiment séduite.

Sur Once, comme le rythme est différent, tu apprends à accepter que rien ne soit rapide ou immédiat. Tu n’es pas dans la même attente que sur d’autres applis où en « swipant[2] » allègrement vers la droite ou la gauche, tu peux rencarder quelqu’un dans l’heure qui vient.

Sur mes quatre couronnes cliquées, il y a eu trois matches, et je n’ai discuté qu’avec deux d’entre eux. Sur ces deux, je n’en ai pour l’instant rencontré qu’un… Pour la petite histoire, ce ne fut pas concluant !

Pourtant, Once n’est pas pétrie que de bonnes intentions…

Malgré ce qui est annoncé au départ, on m’a en réalité proposé plusieurs rencontres par jour. Ils appellent ça « jour de chance ». Au début je trouvais que le concept était plutôt sympa. On t’accorde une occasion supplémentaire d’être séduite par un profil. Mais je me suis rendue compte que ça n’avait rien d’exceptionnel puisque ce « jour de chance » m’est arrivé tous les jours. Finalement, sur une quarantaine de jours de pratique, on m’a proposé plus de 80 profils ! On me pousserait à la consommation ? Parce qu’en fait, même si l’appli est gratuite pour les hommes comme pour les femmes, on te propose quand même d’acheter plus de services. Certaines fonctionnalités sont donc payantes : c’est le modèle Freemium. Tu peux t’acheter un rab’ de couronnes et provoquer plus de rencontres. Tu peux même sélectionner en avance un profil qui te tape dans l’œil, avec lequel l’appli te mettra en contact, sans que l’autre n’en sache rien bien sûr, sinon ce n’est pas drôle ! Finalement on te propose de forcer un peu le destin. Pourquoi pas, mais on oublie vite le grand principe posé par Once comme argument massue. Parce qu’une seule rencontre par jour c’est bien joli, mais il faut quand même que ce soit rentable, non ?

Si le célibat n’est pas une aventure paisible, il n’en est pas pour autant une tare. Pourtant, la course à l’amour n’a jamais été aussi effrénée qu’aujourd’hui, qu’on soit à la recherche de l’âme sœur ou d’un plan cul. J’ai été de celles qui ont hésité avant de m’inscrire sur un site de rencontre. Aujourd’hui cette démarche est complètement démocratisée, sans tabou ! Once propose une approche modérée, douce. On se prend au jeu de ce rendez-vous quotidien, sans que cela n’empiète sur notre temps si précieux. Comme si l’on revenait à quelque chose de plus serein dans une consommation beaucoup moins compulsive.

Once est une appli bien pensée et agréable à l’utilisation. Si je ne l’ai pas trouvée plus probante qu’une autre pour l’instant, je la garde encore un peu sous la main !

De là à ce que le crapaud se transforme en prince charmant…

[1] Coup de cœur.

[2] Action de faire glisser à droite ou à gauche le profil d’un(e) prétendant(e) selon s’il plait ou non.

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