On ne se laissera pas importuner par les Catherinettes !

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Cette semaine, une tribune publiée dans Le Monde, nous a mis le rouge aux joues, au Cabinet de Curiosité Féminine. Le rouge aux joues ? C’est un euphémisme, ça nous a carrément retourné le bide, fait fulminer les naseaux et dresser la crinière…Et puis le lendemain, au réveil on s’est pris un shoot de dopamine : la petite centaine de Catherinettes s’était prise une sacrée volée de bois vert en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire !

La fin d’une époque

Alors voilà, aujourd’hui on a  presque envie de les remercier. Elles en ont eu du courage les Deneuve, Levy et Sastre. En un joli torchon sacrément bien brodé, elles ont résumé toutes les inepties avec lesquelles tonton Eric et mamie Christine nous avaient chauffé les oreilles pendant des mois. Ce qui se disait à demi-mots à la machine à café, nous a été servi sur un plateau d’argent entre la dinde et la galette !

Mais ce qu’elles n’avaient pas vu venir c’est qu’on a changé d’année. En 2018, ça ne passera pas ! Ouf ! Ce que ça fait du bien ! On dirait bien qu’il est fini le temps où l’on pouvait être réac’ tranquilles. Elles ont jeté un pavé dans la mare et toutes les cannes, belles et rebelles, n’en ont fait qu’une bouchée de pain.

Reconnaissons néanmoins que cette tribune a eu le mérite de provoquer un débat qui était nécessaire. Une question de société aussi importante ne peut pas être valablement discutée sans contradiction. Elle est le miroir de grandes incompréhensions et de graves amalgames que nous entendons sur le terrain. A nous maintenant de déconstruire tous ces discours.

Ainsi, depuis deux jours, on entend dans tous les médias combien les violences faites aux femmes sont intolérables, que le combat que nous menons est celui d’une société égalitaire, que le consentement est une donnée irrepressible, qu’une agression sexuelle est un délit qui doit être puni, etc. Bravo les filles !

C’était mieux avant

On ne va pas expliquer ici point par point combien cette tribune se trompe car cela a été très bien fait par plusieurs journalistes, militant-e-s. Vous trouverez ci-dessous quelques articles que nous avons trouvé forts intéressants. Ce que nous constatons, c’est que comme à chaque mouvement de libération, il y en aura toujours qui diront “c’était mieux avant”. A l’évidence, la libération de la moitié de l’humanité ne se fera pas sans heurts, qui plus est quand elle touche à la sexualité. Le problème avec les mutations c’est qu’on sait ce qu’on laisse derrière nous mais on ne sait pas toujours ce que l’on va trouver ensuite. Cette tribune du Monde respire la peur. Celle d’un bouleversement dans les rapports hommes/femmes, probablement. Et il y a des raisons d’avoir peur puisque l’enjeu est là !

Un débat bien plus large que leur lit

Il ne fait aucun doute sur le caractère éminemment politique de la sexualité féminine… et masculine par extension. Le sujet de la sexualité est un tout, que l’on soit femme, homme, fluide ou autre, que l’on soit hétéro, homo ou bi. C’est une tolérance, une ouverture de l’esprit avant celle du corps, une réflexion esthétique, philosophique, métaphysique. La sexualité n’est pas l’addition de pratiques ni la multiplication de gestes. C’est une manière propre d’être à soi et au monde. Une manière propre, cela sous-entend que rien ni personne n’a le droit de décider pour autrui. Et c’est peut-être là que réside la plus grande erreur des signataires de cette tribune : leur propre sexualité n’est pas en question. Leur rapport aux hommes ne nous intéresse pas. Si elles aiment être objet de désir, soumise, fantasmée ou fessée, très bien ! Là n’est pas le sujet. Le débat actuel les dépasse. Il est bien plus large que leur lit, bien plus ancestral que leurs âges cumulés.

Il est donc plus que temps de rebattre les cartes et de construire un monde nouveau. Et dans ce monde, on fera de la place pour la drague, pour la grivoiserie, pour le désir qui explose, et même les pratiques BDSM, si on en a envie. Mais on fermera la porte aux frotteurs, agresseurs et violeurs en tout genre, et tous ceux qui se passent de l’assentiment de l’autre, car non vraiment ces gens-là n’apportent rien de bon au vivre-ensemble.

Alors, voilà nous on voulait juste dire aux Catherine and co, que nous sommes plutôt fières de toutes ces femmes qui ont pris la parole pour crier leur ras-le-bol de cette société qui s’approprie le corps des femmes et leur plaisir. Nous sommes fières de toutes ces femmes qui s’engagent, qui réagissent, prennent leur place dans les médias, étayent leur point de vue, montrent leurs forces… et finalement rendons leur cet hommage, les auteures de cette tribune aussi en font partie (même si souvent on serait bien tentée de leur dire de se taire… ). Construisons une société équilibrée entres les sexes et continuons la lutte à l’encontre des violences, des inégalités et de tous les abus de pouvoirs. Non, nous ne sommes pas des victimes et nous ne nous laisserons pas importuner !

Cheek Magazine – “Chères catherines”: notre réponse à la tribune du monde

Nouvel Obs – Tribune dans « le Monde » : on vous propose une réconciliation

Nouveau Magazine Littéraire – Ne nous libérez pas, l’égalité va s’en charger

Le Monde – “La tribune de Deneuve” fait réagir au delà des frontières

La BD d’Emma

© Savage Slit

2 Commentaires

  1. Potin-kahn / 12 janvier 2018 at 17 h 53 min / Répondre

    Oui !!!

    • rineau anne-marie / 13 janvier 2018 at 18 h 52 min / Répondre

      Et oui! Je dirais même plus! Et oui!
      Ceci dit le consentement ne peut pas venir avant l »appel » et alors on est ou on n’est pas consentant.
      Il ne faut pas faire disparaitre les appels , c’est malheureusement le risque …………

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