Chapeau les femmes !

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26 janvier 2017 à 9 h 37 min  •  Catégorie Sujets de société par  •  0 Commentaires

Le féminisme en marche au propre comme au figuré.

La campagne et l’élection de Donald Trump ont (re-)dynamisé le mouvement féministe aux Etats-Unis, mais aussi au niveau international. Les rues de Washington ont vu un déferlement de bonnets rose au lendemain de l’entrée du 45e Président des Etats-Unis à la Maison Blanche, avec un soutien mondial.

Teresa Shook est une ancienne avocate d’une soixantaine d’années, vivant à Hawaï. Sonnée par l’élection de Trump, elle décide de créer un évènement privé sur sa page Facebook et propose une marche. Très vite son idée fait des émules. Le matin suivant 10.000 personnes se disent prêtes à participer et 10.000 autres expriment leur intérêt. Des associations féministes ou contre la discrimination relaient l’information et le mouvement devient mondial, avec notamment l’organisation des 670 marches « sœurs ». Dépassée, Teresa Shook laisse la main. Quatre femmes deviennent alors les co-dirigeantes du mouvement « Women’s March on Washington », en référence au rassemblement autour de Martin Luther King lors de son fameux discours « I have a dream ». Ces représentantes sont : Linda Sarsour, une américaine d’origine palestinienne, cadre dirigeante d’une association américano-arabe, Tamika D. Mallory, afro-américaine défenseure des droits civiques et avocate luttant contre la violence, Dolores Huerta née au Nouveau Mexique, défenseure des droits civiques et des travailleurs et enfin Bob Bland, créatrice de mode américaine qui défend la confection éthique. C’est intentionnellement que le choix s’est porté sur des femmes de différentes nationalités.

Dans le même temps, deux féministes : Krista Suh et Jayna Zweiman, décident de fonder Le Pussyhat Project, le projet bonnet chatte (pussycat désignant familièrement le sexe féminin). Il s’agit d’encourager les femmes à tricoter un maximum de bonnets pour les distribuer aux participantes de la Women’s March on Washington. Les deux fondatrices mettent alors en ligne le patron du dit-bonnet. Il est rose à petites oreilles, le but de Krista et Jayna : être vues pour être entendues. Leur inspiration est venue des propos de Trump au sujet des femmes : « I grab them by the pussy » (je les attrape par la chatte).

La marche a eu lieu samedi 21 janvier, au lendemain de l’investiture de Trump à la Maison Blanche. Cet événement a remporté un franc succès à en juger d’après les chiffres qui circulent : 70 pays ont enregistré des rassemblements et on estime à près de 5 millions le nombre de personnes qui ont manifesté dans le monde contre Trump, le sexisme et les discriminations. En ce qui concerne les Pussyhats, ils ont essaimé, principalement à Washington et à Oslo. Il est à noter que d’autres formes de protestations ont vu le jour, comme la photo de leur paire de chaussures publiée par les manifestants, avec la raison de leur mobilisation.

Les organisatrices ont prévu 10 actions qui viendront émailler les 100 jours de la nouvelle présidence. La prochaine étape : envoyer une carte postale aux sénateurs américains pour exprimer son inquiétude et dire que le combat continue. Le fait d’initier des actes qui demandent peu d’investissement personnel est peut-être la bonne idée pour pérenniser le mouvement. Gageons que la mobilisation n’est pas près de retomber, Trump venant, par décret, d’interdire le financement d’ONG internationales qui soutiennent l’avortement.

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