La meilleure contraception est celle que l’on choisit

2

Cela fait 49 ans que la loi Neuwirth, autorisant l’usage des contraceptifs, est entrée en vigueur. En 2010, d’après le baromètre santé de l’Inpes [1], 90,2% des femmes sexuellement actives, ayant un partenaire homme, non enceintes et ne cherchant pas à avoir un enfant, utilisent une méthode de contraception. Pourtant, 220 000 avortements sont pratiqués chaque année. Si ce chiffre est stable depuis 2006, il représente néanmoins une grossesse sur cinq [2] non désirée.

En quelques années, les méthodes contraceptives se sont pourtant beaucoup diversifiées. Chaque femme, homme, couple a donc la possibilité de choisir le moyen contraceptif qui lui convient le plus. Et c’est ce qui parait primordial : utiliser une méthode adaptée, propre à chacun, en tenant compte de son mode de vie, de sa situation médicale, de sa personnalité… c’est en garantir une meilleure efficacité.

Le dispositif intra-utérin, DIU, stérilet :

Il en existe 2 types : hormonal et au cuivre (sans hormones donc).

. Qu’est-ce ? Un petit objet en forme de T inséré dans l’utérus et qui sert à prévenir la fécondation ainsi que la nidation.

Il sera mis en place par un médecin ou sage-femme et peut être enlevé par le praticien à tout moment. Selon le modèle, il peut se porter entre 4 et 10 ans.

. Avantages : Il a une longue durée d’action et permet d’avoir l’esprit tranquille. Cette méthode est peu contraignante et fiable, en effet on compte 0,1 à 0,8% de grossesses non planifiées sur une année. Le stérilet peut aussi être posé aux femmes qui n’ont jamais eu d’enfant contrairement à ce qu’une partie des gynécologues peuvent dire encore aujourd’hui. 

. Inconvénients : peut occasionner des règles plus abondantes, peut être un vecteur favorisant la transmission de certaines IST. Il y a beaucoup de fausses croyances autour du stérilet, il s’agit donc d’en parler avec son médecin ou gynécologue.

. Coût : délivré sur ordonnance, il est remboursé à 65%. Le stérilet au cuivre coûte environ 30€ contre 125€ pour le DIU hormonal.

La pilule

. Qu’est-ce ? Un comprimé à prendre quotidiennement et à heure régulière pendant 21 ou 28 jours. L’action consiste à bloquer l’ovulation (selon la pilule, les ovaires sont mis au repos), modifier l’endomètre pour empêcher la nidation (l’oeuf ne pourra pas s’accrocher à la paroi utérine), et modifier la glaire cervicale pour empêcher que les spermatozoïdes ne franchissent le col de l’utérus.

Il en existe aussi 2 types : les progestatives, dites microdosées, qui ne contiennent qu’une hormone, et les combinées oestroprogestatives (qui en contiennent deux), dites minidosées et qui sont classées selon la génération du progestatif (jusqu’à 4 aujourd’hui). Ce sont la composition et le dosage qui détermine la génération de la pilule.

Pourtant assez contraignante, 55,5% des françaises ont choisi ce mode de contraception, ce qui en fait le plus répandu. Sa fiabilité est relative car on compte entre 0,3 et 8% de grossesses non planifiées.

La pilule minidosée se prend pendant 21 jours.

. Avantages : bien tolérée, elle est efficace si le mode d’emploi est bien respecté. Les règles sont généralement moins douloureuses, moins abondantes et moins longues. Elle rend les cycles très réguliers et est aussi complètement réversible.

. Inconvénients : peut aussi entraîner une légère prise de poids, acné, migraines, poitrine douloureuse… Les effets secondaires et risques pour la santé varient en fonction de la génération de pilule. Par exemple, celle de 1ère génération présente un risque de nausées, migraines, troubles vasculaires ; celle de 4ème génération, si elle limite quelques effets indésirables est néanmoins associée à des risques d’accident thrombo-emboliques plus élevés. Le type de génération sera donc à envisager avec le professionnel de santé.

La pilule microdosée se prend pendant 28 jours.

. Avantages : Elle est plutôt bien tolérée. Bonne efficacité si on respecte bien le mode d’emploi et efficace dès le premier comprimé, si elle est prise le premier jour des règles. Complètement réversible : permet le retour à un cycle normal dès son arrêt.

. Inconvénients : son efficacité est diminuée si la prise n’est pas très régulière. Peut aussi entraîner une légère prise de poids, acné, rétention d’eau, légère chute de cheveux, migraines, nausées…

. Coût : les 2 types de pilules sont délivrées en pharmacie, uniquement sur ordonnance et coûtent entre 5 et 36€ pour 3 mois. Certaines sont remboursées à 65%.

Le patch contraceptif

. Qu’est-ce ? Un timbre à coller soi même sur sa peau une fois par semaine et à renouveler pendant 3 semaines. Il diffuse 2 hormones dans le sang, à travers la peau. L’arrêt pendant la 4ème semaine provoquera donc l’apparition des règles.

. Avantages : pratique pour celles qui ont tendance à oublier leur pilule. Il est facile d’utilisation.

. Inconvénients : s’il est d’une bonne efficacité (99,7%) quand parfaitement utilisé, la vie courante entraîne quelques erreurs d’utilisation ou manipulation. Il faut être très vigilant car il peut se décoller sans qu’on s’en rende compte. Ainsi son efficacité tombe à 91%. D’autres effets indésirables sont observables, comme pour la pilule : nausées, poitrine douloureuse…

. Coût : cette méthode est peu onéreuse mais non remboursée (environ 15€ par mois). Prescrit par un médecin et délivré sur ordonnance.

L’implant contraceptif

. Qu’est-ce ? Un bâtonnet cylindrique (4cm de long, 2 mm de large) sera inséré sous la peau du bras, en anesthésie locale. Il contient les mêmes hormones que les pilules progestatives qui seront diffusées dans le sang pour supprimer l’ovulation.

. Avantages : discrète, cette méthode contraceptive hormonale peut être laissée en place pendant 3 ans. Sa pose et son retrait sont faciles et rapides. L’implant est efficace à 99,9%.

. Inconvénients : il peut provoquer une prise de poids et une légère acné. L’implant peut avoir une influence sur le flux des règles : si certaines n’auront pas de règles pendant la période d’utilisation, d’autres auront des règles irrégulières avec des saignements imprévisibles.  

. Coûts : son prix est de 106,44€, remboursé à 65%.  Il doit être prescrit avant d’être récupéré en pharmacie.

L’anneau vaginal

. Qu’est-ce ? Un anneau souple à placer soi-même dans le vagin, comme un tampon. Il contient une association d’hormones diffusées dans le sang par la paroi vaginale. Son retrait provoque l’apparition des règles. On est protégé même pendant la période d’arrêt. De 0,3 à 8% de grossesses non désirées durant l’année.

. Avantages : on le porte toujours sur soi, sans avoir à y penser, pendant 3 semaines. Très efficace s’il est bien utilisé.   

. Inconvénients : provoque les mêmes effets secondaires qu’une pilule combinée (nausées, poitrine douloureuse, saignements…). Il peut être parfois gênant pendant les rapports sexuels, cependant, il peut être retiré pendant 3 heures maximum sans minimiser son efficacité. 

. Coût : délivré sur ordonnance, l’anneau coûte environ 16€ par mois et n’est pas remboursé.

Le diaphragme et la cape cervicale

. Qu’est-ce ? Le diaphragme est une coupelle en silicone que l’on place soi même dans le vagin. Il s’utilise avec un spermicide, ce qui empêche le passage des spermatozoïdes.

La cape quant à elle est un dôme très fin en silicone, qui vient recouvrir le col de l’utérus.

. Avantages : le diaphragme et la cape cervicale sont réutilisables, donc économiques. Ils peuvent être posés au moment du rapport sexuel ou plusieurs heures avant, ce qui laisse une certaine liberté.

. Inconvénients : La manipulation est un peu délicate. Il est important de les garder pendant 8 heures après le rapport. Leur efficacité n’est pas maximale puisque qu’on évalue entre 6 et 16% le nombre de grossesses non désirées

. Coût : délivrés sur ordonnance, le diaphragme coûte 45€ (remboursé sur la base de 3,14€),  et la cape cervicale 60€ (non remboursée).  

Le préservatif masculin

. Qu’est ce : En latex ou polyuréthane, il se déroule sur le pénis en érection avant la pénétration et retient le sperme. Il faut le retirer avec précaution avant la fin de l’érection et le changer à chaque rapport.

. Avantages : Le préservatif est fiable à 100% sauf s’il est mal positionné, retiré trop tard ou qu’il se perce (2 à 15% des cas). On en trouve très facilement. Ce sont les seuls modes de contraception (avec les préservatifs féminins) à protéger des IST et du VIH.  

. Inconvénients : en cas d’allergie au latex, il faut utiliser ceux en polyuréthane. Il est important de choisir des préservatifs à sa taille.

. Coût : Ne nécessite pas d’ordonnance ; à partir de 56cts le préservatif. Non remboursé.

Le préservatif féminin

Je vous propose de relire notre article autour de ce sujet :
Le préservatif féminin, une vraie alternative aux classiques « capotes » masculines

Les spermicides

. Qu’est-ce ? Se présentent sous forme de gel et d’ovule à placer dans le vagin avant chaque rapport. Ils détruisent les spermatozoïdes

. Avantages : les spermicides sont discrets, s’achètent sans ordonnance et peuvent aussi avoir une utilité lubrifiante.

. Inconvénients : sont peu efficaces si utilisés seuls car représentent entre 18 et 29% de grossesses non désirées. Sont à voir comme une contraception  complémentaire  d’une autres.

. Coût : entre 7 et 19€, non remboursés.

Les progestatifs injectables

. Qu’est-ce ? L’injection d’un progestatif de synthèse par piqûre, tous les 3 mois. Pendant cette période, le produit assure une contraception constante. Les injections doivent être faites par un médecin, infirmier, sage-femme. Sont efficaces à 94%.

. Avantages : Permet de ne pas s’en soucier, au moins pendant 3 mois. Idéal pour celle qui ont du mal avec la pilule ou les moyens qui nécessitent une anticipation.

. Inconvénients : Une fois injectés, on ne peut plus les retirer. Il faut attendre que les effets cessent. Peuvent entraîner une légère prise de poids et des troubles dans le cycle des règles : arrêt de celles-ci, règles irrégulières ou très fréquentes.

. Coût : chaque dose coûte 3,44€, remboursable à 65%.

La stérilisation

. Qu’est-ce ? Peut être envisagée aussi bien par les hommes que les femmes majeurs. Pour les hommes, elle consiste en une vasectomie. Cette intervention est pratiquée par un urologue, sous anesthésie locale, et est très rapide. Il faudra néanmoins 3 mois pour que l’homme n’ait plus de spermatozoïdes actifs.

Pour les femmes, il existe 2 méthodes : la ligature des trompes, qui nécessite une hospitalisation et une anesthésie générale et qui est efficace immédiatement. Et l’hystéroscopie, qui consiste à boucher les trompes, pour empêcher les ovules d’arriver dans l’utérus. Pas d’anesthésie ni d’hospitalisation, mais il faudra attendre 3 mois avant qu’elle soit efficace.

. Avantages/Inconvénients : L’intervention doit résulter d’une décision personnelle et mûrement réfléchie car elle provoque une stérilité définitive, et observe un protocole qui inclut notamment un délai de réflexion et un engagement écrit de la personne concernée.. Les grossesses non désirées, malgré l’opération, sont de l’ordre de l’exceptionnel.

. Coût : Elle est remboursée à 80%

Les méthodes naturelles

. Qu’est-ce ? Ce sont toutes les méthodes qui visent à identifier la période d’ovulation afin d’éviter un rapport sexuel fécondant à ce moment là.

  • Le retrait : l’homme se retire du vagin de sa partenaire avant l’éjaculation. On compte 22% de grossesses non désirées dans l’utilisation de cette méthode. Ce chiffre important s’explique par la présence de spermatozoïdes dans le liquide séminal et par la difficulté à contrôler parfaitement l’éjaculation.
  • L’abstinence périodique ou méthode Ogino :  fait pour une femme qui a un cycle régulier d’éviter les rapports sexuels non protégés pendant ce qui est repéré comme étant les jours fertiles. Cela repose sur le calcul de son cycle. Mais il faut retenir que l’ovulation est imprévisible et qu’elle évolue au fil du temps.
  • La méthode des températures : on repère l’ovulation en fonction de la température de son corps. Il faut donc prendre sa température tous les matins à la même heure, avant de se lever. Cette méthode nécessite une grande vigilance car d’autres éléments comme un simple rhume peuvent faire monter la température.
  • La méthode Billings : il s’agit ici de déterminer la période d’ovulation en fonction de l’aspect de la glaire cervicale (sécrétions du col de l’utérus). On l’observe avec les doigts. A l’approche de l’ovulation, les sécrétions deviennent plus abondantes et plus fluides (on les appelle aussi les “pertes blanches”). Là aussi, il faut retenir que d’autres éléments peuvent venir modifier la glaire : excitation sexuelle, IST, sperme…
  • La symptotermie : agréée par l’OMS et consiste à observer et noter quotidiennement les signes de fertilité féminine, ce qui permettra d’identifier les différentes phases du cycle. Si vous êtes curieux à ce sujet, nous en avons déjà fait un sujet : La symptothermie, une contraception naturelle mais pas que…

C’est de loin la méthode naturelle la plus probante en terme de grossesses non désirées : de 0,3 à 2% contre 2,7 à 21% pour la méthode Billings par exemple.

. Avantages : elles sont gratuites et ne nécessitent aucun matériel. Elles sont sans hormone et permettent une attention particulière à ce qui se passe dans le corps. Elles peuvent être associées aux méthodes contraceptives que l’on appelle “barrières” (préservatifs, diaphragme, cape cervicale, spermicides).

. Inconvénients : elles sont contraignantes et moins fiables, car elles exigent une connaissance très précise de son corps et une attention à porter à son propre fonctionnement, ce qui demande du temps et de la pratique. D’autres éléments peuvent entrer en compte et perturber le cycle, rendant l’ovulation difficile à repérer.  Aujourd’hui 1 femme sur 10 opte pour ces techniques.

Ce qu’il faut retenir :

Certains modes de contraception délivrés sur ordonnance sont accessibles gratuitement pour les mineures (pharmacie, CPEF), et pour les non assurées sociales dans les CPEF (DIU, pilule, implant).

Les préservatifs masculins et féminins sont les seuls modes de contraception à protéger des IST, dont VIH. Ce sont aussi les seuls (avec les spermicides) à être délivrés sans ordonnances en pharmacie, grande surface, distributeurs automatiques, internet et gratuitement au sein des CPEF [3], CDAG [4], autres associations…

Avant de choisir, il est nécessaire de s’entretenir avec un praticien médical, qui pourra vous donner des informations complémentaires, corroborer ou déconstruire des idées ou croyances parfois erronées.

En cas de problèmes (oubli de pilule, accident de préservatif, doute sur une quelconque utilisation), il est nécessaire de demander le plus rapidement possible son avis à un professionnel, pour pouvoir bénéficier si nécessaire d’une contraception d’urgence (l’IVG n’en faisant pas partie, bien entendu !).

Finalement, chacun peut trouver dans cette longue liste, le mode de contraception qui conviendrait le mieux. Parce que la contraception la plus efficace est celle qui est le plus adaptée, à la personne, au couple. Et n’en déplaise à certain(e)s, c’est l’affaire de tous. Pour l’instant la contraception masculine est assez limitée, mais beaucoup de recherches sont faites à cet égard. Nous ferons prochainement un article à ce sujet.

Pour compléter ces informations, vous pouvez vous adresser :

  • à tous les professionnels de santé : médecin traitant, infirmiers, sages femmes, gynécologues…
    • Fil santé jeunes : 32 24 depuis un poste fixe ,ou 01.44.93.30.74 depuis un portable.
    • N’hésitez pas à contacter les associations de prévention, les CPEF, CDAG, CIDDIST…
    • Consultez les sites dont je me suis servi pour rédiger cet article :

http://inpes.santepubliquefrance.fr/30000/actus2013/015-contraception.asp
http://www.choisirsacontraception.fr

[1] Institut National de Prévention et d’éducation pour la santé
[2] Tous ces chiffres sont issus d’une étude de l’Ined, Population & Sociétés, Janvier 2015
[3] Centre de Planification et d’Education Familiale
[4] Centre de Dépistage Anonyme et Gratuit

2 Commentaires

  1. Philippe / 29 juin 2016 at 17 h 18 min / Répondre

    Bonjour
    Avez vous un retour sur les méthodes type LadyComp ou Clearblu ?
    Donnent elles de meilleurs résultats que les méthodes classiques ?
    Merci

  2. Lola / 4 avril 2017 at 15 h 46 min / Répondre

    Merci pour votre article, il est très complet.
    ça permet d’y voir plus clair. Malgré tout, cela reste inquiétant en vue des nombreux inconvénients qui comprennent chacune de ces méthodes contraceptives.

Poster un commentaire

Aller à la barre d’outils