Tristan Lopin, le « very bad kid » du one-man-show français

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Connaissez-vous les sucreries « very bad kids » ? Ce sont des petits bonbons gélifiés, piquants à l’extérieur, mais au coeur tendre. Et bien Tristan Lopin, c’est pareil. Il nous amuse à travers ses petites pastilles acérées qu’il partage sur les réseaux sociaux et sa chaîne Youtube, mais se cache, derrière cette façade piquante, un cœur tendre prêt à fondre. Je l’ai rencontré, nous avons échangé autour de quelques verres, puis je l’ai suivi à son spectacle.

Qui est-il, que fait-il ?

Tristan, 30 ans, est un pur parisien. Du plus loin qu’il s’en rappelle, il a toujours voulu devenir réalisateur. Il a donc fait une école de cinéma, ce qui l’a amené entre autres à vivre pendant un an à New York, et à prendre des petits boulots, pendant qu’il faisait ses armes dans l’apprentissage à la réalisation. Littéraire et ayant grandi dans une famille où les mots sont importants, Tristan a toujours aimé écrire. Un beau jour, il fait une de ces rencontres qui sont déterminantes : celle de Bérangère Krief (bien avant qu’on la connaisse dans « Bref »). « Elle a lu une chronique que je faisais sur le net autour des relations amoureuses, et m’a dit qu’avec mon tempérament, il fallait absolument que je monte sur scène ». L’idée germe et il commence à prendre des cours de théâtre le soir, après son travail de costumier. C’est une révélation. A cette occasion, il fait une nouvelle rencontre : celle de son metteur en scène qui le pousse à écrire un spectacle entier. Il montera pour la première fois sur scène, à Pigalle, il y a plus de 2 ans et n’a depuis jamais cessé de le jouer.

Dans son spectacle « Dépendance affective », Tristan Lopin décortique les relations amoureuses et toutes les petites choses du quotidien. S’il est ouvertement homosexuel, il parle à tous car l’amour et les relations sentimentales, touchent tout le monde, qu’on soit gay, hétéro, bi… . « Je joue le spectacle 3 fois par semaines à Paris, il marche très bien, les retours sont bons et c’est quasiment complet tous les soirs. Je dois bien avouer que mes vidéos y font beaucoup ». C’est grâce à elles que son visage nous est si familier : Tristan ponctue l’actualité avec ses vidéos montées sous forme de conversations téléphoniques qu’on surprendrait. « Le fait que je sois avec mon oreillette, laisse imaginer qu’on observe et qu’on entend des réflexions qu’on peut tous avoir ». Tout est passé au crible de son œil vif et amusé, et il pointe précisément tout ce qui fait nos petits travers, du mini-short (trop mini) en été, aux sempiternels apéros dinatoires, de nos voisins bruyants au ciné, à la laborieuse organisation du Nouvel An… L’idée des vidéos a germé peu après l’écriture du spectacle, « j’avais envie d’aborder d’autres thèmes parfois plus sociétaux, parfois plus légers ; je m’éloigne un peu de ce que je fais dans le spectacle tout en gardant le même ton ». Ici, le lien avec l’école de cinéma se fait sentir. Tristan écrit, filme et monte ses vidéos qui lui prennent entre 10h et 15h de travail pour un résultat de presque 3 minutes. Curieux, gourmand d’actu et plein d’idées, les sujets qui l’inspirent sont nombreux, et il a soif de continuer, de tester d’autres formules. « En tout cas, je ne m’interdis rien ».

L’engagement

C’est vrai, Tristan Lopin n’a pas de tabous, « il faut que ça m’intéresse et que j’ai le sentiment d’avoir des choses à dire, que ça me touche ; par exemple parler de sujets assez féminins en étant un homme, me plaît beaucoup, ça m’est venu tout seul ». Tristan prend position et s’engage sur des sujets variés, actuels, quotidiens. Au Cabinet de Curiosité Féminine, c’est ainsi qu’on a commencé à le suivre : après la manif pour tous, le harcèlement de rue, le sexisme, les violences domestiques, l’égalité homme/femme dans le monde du travail, la capote… Dans sa dernière vidéo, sur le sexe et les applis de rencontre Tristan aborde un sujet qui touche aussi beaucoup notre génération, notre mode de vie, ce qu’on lit dans les médias. « On en vient à tellement surconsommer du cul que ça en devient une dépendance : tout est désacralisé, c’est la course à la baise, à être un bon coup. Moi j’ai envie de rappeler que le sexe ça ne peut bien marcher qu’en étant attentif, à l’écoute ».

Ce qui fait la force de son engagement c’est aussi qu’il n’est pas épargné par les haters, les agressions sont monnaie courant sur Youtube, surtout avec le succès grandissant.

« Généralement les gens rebondissent sur des sujets qui ne leur plaisent pas en se servant de mon homosexualité pour m’insulter. Au début c’était très violent à vivre pour moi, maintenant un peu moins, et ça me conforte dans ce que je fais ».

« Moi j’ai envie de rappeler que le sexe ça ne peut bien marcher qu’en étant attentif, à l’écoute ».

 

Les inspirations

Dans ses vidéos tout comme dans son spectacle, la musique a une place de choix. La variété française, internationale, les Britney et autre Céline, icônes gays absolues, bref, Tristan nous dit « assumer son côté midinette ». Et tout ceci encore une fois, parle au plus grand nombre. Il n’y a qu’à voir dans la salle, les pieds qui battent le rythme, les mouvements d’épaule et les sourires décrochés par les nombreuses références 80’s et 90’s.

Dans un autre registre de références qu’il cite bien volontiers, on retrouve Elie Kakou, Muriel Robin, Valérie Lemercier, Florence Foresti, et plus récemment Vincent Dedienne. Ils l’inspirent autant qu’il les admire. « Je regardais aussi beaucoup les Inconnus… cela a peut-être accentué mon amour des déguisements ! ».

La suite

On imagine bien volontiers que Tristan ne va pas s’arrêter là. Actuellement, il écrit un livre qui sortira au printemps 2018. Le thème ? … Les relations amoureuses évidemment ! En parallèles, d’autres projets sont « en cours de », il faudra donc le suivre pas à pas. Et vous pouvez compter sur le Cabinet de Curiosité Féminine pour ça.

Mais en attendant, allez voir son spectacle qu’il va continuer à jouer à Paris et un peu partout en France. Quand on arrive dans la salle, Tristan nous accueille avec des bonbons, veille à ce qu’on soit bien installés, commence à nous taquiner. On a déjà l’impression de retrouver un vieil ami avec qui on va passer la soirée, tour à tour rire de nous-mêmes, de nos ambivalences, et porter un regard attendri sur nos imperfections. Ce qui est sûr c’est que quelque chose se passe dans la salle, et on sent que, malgré nos parcours et nos vies différentes, on s’est tous connectés. Alors merci pour ce bon moment, pour ma part je ne me lasse pas de ce rire sardonique éclatant qui cache un petit cœur plein d’amour.

Pour tous les renseignements de lieux, de dates, de projets, d’actu, rien de mieux que son site : http://www.tristanlopin.com/

Et pour toutes ses vidéos, suivez le sur facebook : https://www.facebook.com/tristanlopinofficiel/

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