BD érotique : la collection sans tabou de Hachette

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25 mars 2016 à 11 h 52 min  •  Catégorie Culture Q par  •  0 Commentaires

Chez Hachette Collections, vous trouverez toutes les aventures du Marsupilami, le village d’Asterix au complet, Tricot Passion et Point de croix facile.
Mais chez Hachette, entre les animaux qui parlent et les activités manuelles, on trouve aussi depuis peu Les Grands Classiques de la Bande Dessinée érotique. Bien que je ne doute pas du pouvoir érotique d’Astérix ou du tricot, j’ai préféré vous parler BD dans un souci de cohérence avec la ligne éditoriale du Cabinet de Curiosité Féminine. Hachette sort donc les 86 plus grands albums érotiques du 9ème art. Une anthologie rebelle et sulfureuse dans une édition chic, et surtout agrémentée d’un carnet relatant l’histoire de l’oeuvre. Les plus grands auteurs sont là : Manara, Varenne, Wolinski, Magnus et j’en passe. A mettre entre toutes les mains… ou presque.

J’ai entre les miennes les deux premiers albums: Le déclic de Manara et Emmanuelle de Crepax. Si vous êtes un féru de BD, il y a de fortes chances pour que vous ayez déjà lu toute la collection. Mais si vous êtes comme moi une néophyte avertie, vous aurez la joie de découvrir tous vos classiques. Je me suis donc confortablement installée dans mon canapé rouge (oui j’ai un canapé rouge), et j’ai dévoré. La bande dessinée a cela de jouissif, elle se dévore d’une traite. Le temps de la lecture ne se divise pas. On s’y met et on fonce jusqu’au bout.

Dans Le Déclic, Manara nous raconte l’histoire de Claudia, un peu coincée et sexophobe, qui va, sous le contrôle d’un petit boîtier électronique, se livrer à ses fantasmes les plus fous. Manara manie le comique et l’érotisme avec une élégance certaine. La BD, comme la littérature, peut pousser très loin l’irréel, l’indécent, le scandaleux puisqu’elle ne met pas en jeu des êtres humains. Manara peut alors s’amuser à faire copuler son héroïne avec un animal, en restant drôle et classe. Comme en littérature, tout est permis, mais en plus vous avez les images… Et le trait de Manara, comme celui de Crepax d’ailleurs, est extrêmement reconnaissable. Ils ont en commun cette facilité à dessiner des corps féminins infiniment sensuels, des visages où se lisent le désir, des fesses que l’on a envie d’empoigner, des sexes suaves.

Guido Crepax s’est lui attelé à adapter des chefs d’oeuvres de la littérature érotique, de Sade à Sacher-Masoch en passant par Histoire d’O. En 1979, il s’attaque à Emmanuelle, cinq ans après le succès fou du film. Comment alors s’affranchir des images que tout le monde a en tête ? Crepax s’éloigne du réalisme que le cinéma impose à cette époque. De son trait en noir et blanc, il tord la narration pour nous dérouter en permanence. On passe du récit de l’histoire à l’illustration des fantasmes de la belle Emmanuelle. Et on ne sait pas toujours si l’on est dans sa tête ou entre ses jambes. Les planches de fantasmes sont d’une poésie sublime. Il dessine le mouvement, la vigueur et le rythme du plaisir. Il nous embarque dans cette sexualité débridée et parvient à nous exciter de son crayon vif. A chaque page, il réinvente le gaufrier classique de la BD. Les séquences s’organisent de différentes manières, il fait sauter les cadres, dirige notre regard ou au contraire le perd dans une image foisonnante. Certaines planches sont de véritables oeuvres d’arts et peuvent d’ailleurs se vendre très chères.

Le 9ème art est un art récent et de plus en plus riche. Crepax et Manara sont des maîtres en la matière, et 30 ans après ils n’ont pas pris une ride. Lire une BD érotique c’est un peu comme entrer dans la zone du cerveau qui invente les fantasmes et regarder ceux de l’auteur. Ou peut-être est-ce l’auteur qui fait cette plongée impudique en nous et dessine notre imaginaire ?

http://www.hachette-collections.com/livres-et-bd/bderotique-collection/votre-numero-4/decouvrir-la-collection.htm

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