Les troubles du désir sexuel féminin

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18 décembre 2015 à 16 h 28 min  •  Catégorie Amour / sexualité par  •  1 Comment

On entend souvent dire que les femmes ne sont pas intéressées par le sexe. Que pour nous, ce n’est pas une priorité. Ici, nous traiterons de ce qui relève d’une souffrance et non d’un choix personnel.

Vous l’aurez compris, au CCF, on croit profondément que la sexualité est l’une des composantes fondamentales de la vie, un moteur. C’est un projet personnel que nous devons construire au gré de nos besoins, elle est une part de notre identité et un élément fondamental de nos relations intimes et de notre bien-être personnel. Evidemment, ce n’est pas toujours simple. Pour cela, elle mérite que l’on s’y attarde et qu’on la prenne au sérieux quand elle devient aussi une souffrance.

Alors, pour celles qui ne s’y intéressent pas ou plus qu’a-t-il bien pu se passer ?

Tout d’abord, il faut savoir que lorsque l’on évoque un manque d’intérêt sexuel, les femmes concernées éprouvent en général un sentiment d’incapacité et ne se sentent pas à la hauteur. Elles se blâment, ne réussissant pas à expliquer ce qu’elles ressentent, et par conséquent, ont une faible estime d’elles-mêmes.

Il me semblait donc essentiel aujourd’hui d’aborder ce sujet pour tenter d’éclairer une situation pas toujours évidente à vivre et à comprendre dans l’intérêt, pourquoi pas, de changer cela…

Le manque d’intérêt pour le sexe est une dysfonction sexuelle féminine liée à la baisse ou à l’absence de désir sexuel.

A ce propos, nous pouvons différencier plusieurs niveaux :

Tout d’abord, il y a le manque d’intérêt global pour la sexualité. C’est une inhibition sexuelle totale liée à une problématique personnelle ; conflits, blocages anciens et profonds qui n’ont pas permis l’apprentissage et l’épanouissement sexuel. Cela pouvant être renforcé par des expériences sexuelles traumatisantes comme l’inceste, le viol…, ou le poids d’une éducation répressive.

A ce niveau, nous parlons alors de frigidité (à ne pas confondre avec l’asexualité).

Ensuite, il y a le manque d’intérêt sexuel dit secondaire pouvant être d’ordre relationnel. Dans ce cas, il s’agit d’un manque d’intérêt pour le/la partenaire résultant d’une altération du sentiment amoureux, d’un essoufflement de la relation, ou tout simplement parce qu’il ne s’agit pas du « bon » partenaire.

Le manque d’intérêt pour le sexe avec un partenaire peut s’expliquer par l’inappropriation des codes d’attractions, la déception ou la frustration.

En revanche, si le manque d’intérêt est nouveau et se vérifie avec tous les partenaires et dans toutes les situations, il faudra probablement envisager des facteurs biologiques comme par exemple un déséquilibre dans le niveau de certains neurotransmetteurs, la prise de certains médicaments, de certains contraceptifs, une dépression ou des changements hormonaux (Par exemple : au moment de la grossesse, de la ménopause…).

Le manque d’intérêt sexuel dit secondaire peut-être aussi d’ordre environnemental. Ici, il s’agit plutôt des conditions de vie influençant le désir sexuel comme ; le stress, la surcharge de travail, les soucis financiers, la fatigue, l’état de santé, une naissance, un décès, etc. L’investissement se fait autre part qu’à travers la sexualité, et toutes ces raisons deviennent souvent un alibi, attention donc à l’engrenage !

Enfin, nous pouvons parler aussi du trouble du désir isolé. Ici, aucune difficulté sexuelle ou relationnelle n’est observée en apparence, pour autant, le désir de rapports sexuels est peu fréquent voir absent alors que la relation affective est tout à fait satisfaisante. Souvent, les relations sexuelles ont quand même lieu en l’absence de désir, ce qui peut être mal vécu puisque les relations n’amènent pas au plaisir. Si une telle situation persiste dans le temps, il y a une forte probabilité pour qu’apparaisse une dysfonction sexuelle. C’est une situation que l’on rencontre très souvent en consultation.

Les causes sont liées d’abord au fait que le désir féminin et le désir masculin n’évoluent pas de la même façon. Il n’est pas toujours évident pour le couple de gérer ce décalage s’il y a peu ou pas de communication.

Ensuite et parallèlement, si l’on regrette souvent la période de « lune de miel » où le désir était bien présent et où personne n’avait à se faire prier pour faire l’amour, ce désir n’a probablement pas su évoluer au fil de la relation parce que pour beaucoup, le désir est quelque chose d’acquis, d’apathique et de définitif alors qu’il nécessite au contraire un investissement personnel, et ce, dans l’intérêt et la recherche de moments partagés dans lesquels le désir pourra à nouveau circuler. (Cf atelier du 21 janvier 2016 : couple, désir dans le temps)

Ceci entraîne cela

Une dysfonction sexuelle reste rarement isolée. S’il n’y a pas de prise en charge très vite, une dysfonction sexuelle peut évoluer avec le temps vers une autre dysfonction sexuelle. Par exemple ; une dyspareunie peut entraîner un trouble du désir sexuel qui évoluera vers une anorgasmie…

Une dysfonction sexuelle féminine peut entraîner une dysfonction sexuelle masculine, et inversement. Exemple ; un manque d’intérêt sexuel peut être responsable d’une dysérection ou bien une éjaculation précoce peut entraîner une anorgasmie coïtale…

Les dysfonctions sexuelles amènent au désintérêt de la sexualité, celle-ci n’apportant plus de satisfaction, elle ne sera plus considérée, engendrant des problèmes de couple plus profonds. L’inverse est tout aussi vrai d’ailleurs, des conflits de couples peuvent être à l’origine de dysfonctions sexuelles.

Vous l’aurez compris, les dysfonctions sexuelles féminines, et ce, quelles que soient leurs formes d’expression (trouble du plaisir, trouble du désir ou trouble de la pénétration), sont le résultat d’une rupture d’équilibre ou d’un équilibre mal construit entre l’identité féminine, le corps sexué, l’individualisation, l’apprentissage érotiques, et la relation à l’autre.

Seul un professionnel (sexologue, sexothérapeute…) sera amène d’évaluer la situation et pourra vous proposer un projet thérapeutique.

Un commentaire

  1. Dominique Potin-kahn / 19 décembre 2015 at 12 h 07 min / Répondre

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    Article fort intéressant car il permet de lever le voile sur un problème courant et récurrent en donnant des explications et raisons objectives !

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