Les chemins inverses des hommes et des femmes

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6 mai 2015 à 12 h 43 min  •  Catégorie Amour / sexualité, Témoignages par  •  2 Commentaires

(Illustration de Yang Liu, pour son ouvrage Man Meets Woman)

Puisqu’il est scientifiquement prouvé (enfin je crois) que les femmes ne viennent pas de Vénus ni les hommes de Mars, la question de ce qui les distingue, les éloigne, voire  les oppose persiste et reste sans réponse. Si l’on regarde nos rapports au sexe et à la sexualité, une chose est frappante : les femmes et les hommes sont peut-être sur le même chemin, mais ils le font dans le sens inverse l’un de l’autre. L’objectif étant de se retrouver au milieu, tant qu’à faire !

D’un côté, la femme. Elle a son sexe caché, rentrée, à l’intérieur d’elle-même. Il faut qu’elle aille un peu à sa rencontre tout de même. Et ça n’est pas tout de suite synonyme de plaisir. D’autant qu’on ne parle pas de masturbation et, pour beaucoup, c’est même un geste interdit. On ne parle pas non plus beaucoup de plaisir. On préfère lui parler d’amour, de sentiments partagés, de rencontre de deux âmes, de deux êtres, de deux corps qui ne font qu’un. Bref, de tout un tas de choses très belles qui magnifient l’acte sexuel, lui interdisant un peu d’exister aussi pour ce qu’il est : un coup, un truc torride et animal aussi, parfois un peu sale et c’est meilleur, des odeurs, des fantasmes, le moyen de prendre son pied, de grimper aux rideaux, de s’envoyer en l’air, de se détendre, de se sentir belle et sexy, etc.

Non, la femme n’en est pas encore à ce stade. Elle tombe amoureuse et comme elle l’a lu dans tous les bons magazines féminins qui respectent les marronniers de l’été : il y a 10 astuces pour donner du plaisir à son homme, s’il ne s’endort pas après le coït, c’est que ce n’était pas bien et c’est certainement de la faute de la meuf qui n’était pas assez bonne, et blablabeurk. Donc, elle découvre son plaisir par l’amour et le plaisir de son compagnon. Bien sûr, elle en prend aussi, mais c’est presque secondaire au début.

 

De l’autre côté, l’homme. Son sexe est dehors, visible et dressé dès le réveil. Il le tripote et PAF ! C’est trop bon ! Bien sûr, il ne faut pas le faire n’importe où et surtout pas en public, mais c’est bien normal qu’il se branle, tous les garçons le font. Il regarde un peu des films porno et a très envie de découvrir la chose. Il va même peut-être tomber amoureux et aura envie de donner du plaisir à sa partenaire. Mais il est à 10 000 lieues d’imaginer ce qu’est une femme, véritablement. Donc, il l’aime et ils font l’amour. Il croit certainement au début que la femme prend autant de plaisir que lui lors de la seule pénétration. C’est tellement bon pour lui ! Et puis après tout, si elle ne prend pas autant de plaisir, c’est peut-être normal. On lui a dit que les filles n’étaient pas très branchées Q de toute façon. En attendant, lui il prend son pied !

 

On voit bien déjà la différence fondamentale et originelle. Les hommes deviennent des amants incroyables quand ils jouent de la complexité de la femme, qu’ils la découvrent, qu’ils se mettent à prendre du plaisir en lui en donnant ou même juste en l’observant (combien d’hommes sont excités en regardant une femme se donner du plaisir ?). Et les femmes deviennent des maîtresses inoubliables à partir du moment où elles prennent possession de leur propre corps et de leur propre plaisir. A partir du moment où elles revendiquent même leur plaisir. Caricaturé, on pourrait dire que d’une forme d’oubli de soi, la femme devient presque égoïste et que l’homme fait précisément le chemin inverse. Alors, au milieu du chemin, la rencontre de ces deux êtres au parcours opposé, peut faire des étincelles délicieuses !

2 Commentaires

  1. radis noir, radis blanc / 30 mai 2015 at 1 h 02 min / Répondre

    « Combien d’hommes sont excités en regardant une femme se donner du plaisir ? » Je ne sais pas, mais c’est mon « cas », en tout cas. C’est même une effrayante attraction du désir. Un maelstrom à observer droit dans le trou et tout autour : admirable beauté de la « chatte » en soi, fleur d’ombre éclatant dans une exhibition de lumière ; transe de la femme qui s’offre son plaisir sans nous, (et sans le mari la filmant, surtout !) et qui m’emporte moi dans la jouissance de sa succion, infiniment plus immense que la nôtre. Ô tabernacle des petites culottes légères, entrevues ou bien exhibées – continuez surtout d’en porter ! sous vos jupes – elles s’enlèveront toujours assez vite… (Ah je retombe dans le vulgaire)

    • Maggie / 17 novembre 2016 at 14 h 09 min / Répondre

      That’s really thinking at an imsiesprve level

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