Alors que l’orgasme féminin est probablement l’un des sujets le plus discuté au monde depuis plusieurs années, certaines femmes, pourtant, ne se sentent pas ou plus concernées par le sujet, n’ayant jamais ou plus éprouvé ce plaisir, elles se sentent parfois démunies, différentes, pensant que quelques choses clochent chez elles, exprimant parfois même le fait de ne pas être femmes puisqu’elles ne ressentent pas ce plaisir dont tout le monde parle. J’ai souvent observé le désarroi de certaines face à leurs partenaires avec qui elles ne peuvent partager ce qui est l’une des plus belles récompenses de la sexualité humaine, l’orgasme.

Tout d’abord, j’aimerais dédramatiser le fait de n’avoir jamais ou de ne plus avoir ressenti d’orgasme. Nous vivons dans une société marquée par la dictature de la jouissance à tout prix, pourtant l’orgasme n’est pas obligatoire pour avoir une vie sexuelle épanouie !

Il faut savoir que le plaisir, ça s’apprend ou se réapprend ! On peut (re)découvrir son plaisir à 20, 30, 40… 60 ans.

Il me semble essentiel de dire que l’on peut commencer à envisager la compréhension de sa sexualité qu’à travers une vision évolutive.

La découverte de son corps anatomique, physiologique et fantasmatique est en étroite corrélation avec l’accès au plaisir.

C’est avant tout une question d’exploration et donc de curiosité (ça tombe bien vous êtes au bon endroit !), de temps et de lâcher prise.

Concrètement ?

L’anorgasmie est liée aux troubles du plaisir sexuel. C’est l’impossibilité pour certaines femmes d’atteindre l’orgasme, le plaisir ultime ; cela peut être une anorgasmie primaire (c’est le fait de n’avoir jamais obtenu d’orgasme) ou bien secondaire (c’est le fait de ne plus avoir d’orgasme à la suite d’une période fonctionnelle). Le désir et l’excitation sont présents durant la masturbation ou l’acte sexuel, mais ensuite l’orgasme n’est pas atteint.

On parle d’anorgasmie partielle lorsque l’orgasme clitoridien est possible mais pas l’orgasme vaginal, ou inversement. Et d’anorgasmie totale quand aucun orgasme n’est possible.

L’anorgasmie peut avoir une origine organique : dans ce cas, elle peut être liée à certaines maladies chroniques comme le diabète, l’hypothyroïdie ou l’hyperprolactinémie. Ou bien, elle peut être liée à des maladies plus générales ou chroniques graves telles que la cardiopathie, le cancer…

La prise de médicaments iatrogènes peut également avoir des effets sur les fonctions sexuelles féminines (Les neuroleptiques par exemple, mais aussi certains progestatifs…).

L’anorgasmie peut avoir une origine psychologique : dans ce cas, elle peut être liée à certaines représentations que l’on se fait de la sexualité, au manque d’apprentissage de la sexualité, à la difficulté d’érotiser l’homme ou de s’érotiser soi-même… Mais allons voir les causes plus en détails :

Les causes de l’anorgasmie peuvent être nombreuses :

La méconnaissance de son propre corps

La méconnaissance et l’ignorance à propos de la sexualité sont souvent un frein au plaisir. Atteindre l’orgasme relève d’un apprentissage, la masturbation (avec utilisation d’un sextoy ou non) permet la découverte des zones érogènes capables de le déclencher. Il faut savoir que l’expérience en solitaire peut faciliter ensuite le laisser-aller orgasmique dans la relation à deux.

Mythes et tabous

Les mythes et les tabous entourent toujours les comportements sexuels. Beaucoup de femmes ressentent de la culpabilité dans leur sexualité. Elles ont une mauvaise image d’elle-même qui les empêche de lâcher-prise et de s’abandonner au plaisir. Perdre le contrôle, c’est dévoiler une nature disposée au plaisir, une crainte généralement liée à des considérations morales.

Complexes et pudeur

Les complexes, la pudeur, le manque de confiance en soi sont autant de barrières dans l’abandon au plaisir.

Le manque de tonicité des muscles vaginaux

Si les muscles périvaginaux ne sont pas assez toniques le plaisir sexuel est amoindri et des difficultés à parvenir à l’orgasme vaginal peuvent être rencontrées. Je vous conseille la gym génitale, des exercices simples mais efficaces >>

L’histoire de chacune

Les traumatismes (Viols, abus sexuels…), subis même durant l’enfance, laissent des traces et ne sont malheureusement pas sans conséquence sur la sexualité.

Les événements marquants tels qu’un accouchement, une séparation, un deuil,  la perte d’emploi, etc, peuvent être à l’origine d’une anorgasmie circonstancielle.

Elle peut également survenir lors de problèmes rencontrés par le couple tels que la découverte d’une infidélité, l’éloignement des deux partenaires, les conflits,  etc.

Le manque de temps dans la relation sexuelle

Nous savons que les femmes ont besoin de plus de temps pour atteindre l’orgasme que leur partenaire masculin. Si la rencontre sexuelle est trop rapide, elle ne permettra pas à la femme d’atteindre la phase orgasmique. La sexualité est une affaire de partage, prendre le temps est essentiel si l’on veut pouvoir atteindre l’extase. Cf article sur le slow sex >>

Liée au partenaire

Parfois, certaines femmes sont dans l’incapacité à érotiser leur partenaire, cela empêche grandement d’atteindre l’orgasme.

Liée à une autre dysfonction sexuelle

Il faut savoir que le passage d’une dysfonction sexuelle féminine à une autre est souvent observé. Par exemple, une dyspareunie peut entraîner un trouble du désir sexuel qui évoluera vers une anorgasmie.

Notons aussi qu’il se peut aussi qu’une dysfonction sexuelle féminine entraine chez le partenaire une dysfonction érectile ou des éjaculations prématurées. L’inverse est tout aussi vrai d’ailleurs (des éjaculations prématurées peuvent être à l’origine d’une anorgasmie par exemple).

Les causes organiques

Comme nous l’avons vu plus haut, certaines maladies peuvent être à l’origine de l’anorgasmie, cependant, il est extrêmement compliqué de faire la part entre le psychogène et l’organique dans de tels cas.

Iatrogénicité  de certains médicaments sur la sexualité

Ce sont les effets secondaires dus à la prise de certains médicaments pouvant agir sur la sexualité.

Simuler l’orgasme :

La simulation risque de vous mettre en conflit avec vous-même ou avec votre partenaire. L’orgasme simulé peut empêcher la découverte de l’orgasme véritable. Feindre l’orgasme pour ne pas offenser son partenaire n’est pas une bonne chose, il continuera alors de faire exactement ce qu’il fait toujours, croyant faire plaisir, et l’insatisfaction et la frustration seront de plus en plus grandes. Osez communiquer vos sensations, vos besoins, vos envies, en somme, osez guider votre partenaire sur les chemins du plaisir.

Quels sont les moyens qui peuvent aider les femmes à avoir des orgasmes :

Si l’anorgasmie est pour vous une cause de souffrance ou de mal-être, une prise en charge thérapeutique peut s’avérer une aide précieuse dans la compréhension et la guérison. Les sexologues, sexothérapeutes, thérapeutes de couple sont formés pour ce type d’accompagnements.