La jalousie, ce mal qui ronge

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8 avril 2016 à 12 h 01 min  •  Catégorie Amour / sexualité par  •  2 Commentaires

Qu’est-ce que la jalousie ?

La jalousie est un sentiment douloureux provoqué par la peur d’être trompé(e) par son/sa partenaire ou par la croyance qu’il ou elle en préfère déjà un/une autre. Elle peut s’étendre à toutes personnes pour lesquelles on ressent un besoin de possession, de mise en concurrence (famille, ami(e)s …).

C’est une émotion complexe dont on ne perçoit pas toujours le pourquoi véritable de son expression. Cette émotion est associée de façon inextricable à la passion, la frustration, l’angoisse, la colère, parfois même la haine, et surtout la douleur.

Au risque d’en décevoir beaucoup, la croyance populaire selon laquelle la jalousie prouve l’amour que l’on porte à l’autre ou que l’on reçoit de l’autre, est fausse.

L’insécurité

En réalité, la jalousie est l’expression d’un manque de confiance en soi, d’un mal être, elle traduit la peur de ne pas être assez bien, celle d’être rejeté(e) ou abandonné(e) créant une certaine insécurité dans la relation, pas toujours justifiée d’ailleurs.

L’insécurité peut naître également du sentiment de concurrence. Elle est souvent ressentie après avoir été trompé(e). Et/ou liée au besoin de se sentir unique pour beaucoup d’entre nous.

La possession

Lorsque nous sommes en couple, nous avons bien souvent tendance à croire que notre partenaire nous appartient, comme s’il était un bien que nous avions acquis. Hors personne n’appartient à personne !

En fait, la peur de perdre l’autre, nous pousse à tout faire pour rendre le couple plus sûr. Nous érigeons des barrières (presque inconsciemment) pour en faire un espace clôt et se sentir en sécurité dans notre relation. Il nous arrive souvent de mettre à l’écart les personnes (les amis, la famille…) qui pourraient être un frein à notre histoire.

La projection

La jalousie est une projection. C’est un mécanisme de défense inconscient. On attribue à l’autre quelque chose qui nous appartient (des émotions, des pensées, des affects…), permettant de ne pas reconnaître cela chez nous. C’est un moyen pour extraire de soi, un sentiment douloureux. C’est comme si nous faisions jouer à notre partenaire, le rôle principal de notre propre film. Par exemple, être jaloux en soupçonnant l’autre d’infidélité reflétera soit une infidélité de la part du jaloux ou de la jalouse ou des pulsions d’infidélités refoulées (je vous dirai bien qu’il est inutile de vous flageller dans ce cas mais je crains que beaucoup ne souhaiterons pas l’entendre).

Mais en réalité, il est tout à fait possible d’accorder moins de pouvoir à la jalousie qu’elle n’en mérite réellement.

Désapprendre la jalousie

Pourquoi

La jalousie est un sentiment anxiogène, et parfois, elle prend beaucoup trop de place ! Elle devient destructrice et enfermante pour l’autre, pour soi et de fait, pour le couple.

A quoi servirait de la désapprendre ? A nous libérer de nos peurs et pourquoi pas guérir de nos blessures. Au fond, nous aurions tout à y gagner, nous pourrions enfin progresser sur le chemin de la liberté et de la sérénité.

Comment

Tout d’abord bien comprendre qu’elle n’est ni une preuve d’amour, ni la faute de l’autre. L’idée n’est pas non plus de s’accuser soi. Acceptons nos failles (nous ne sommes pas parfait(e)s et c’est bien mieux ainsi !), tout en faisant preuve de bienveillance envers nous-même. Déceler nos erreurs va nous permettre d’apprendre d’elles.

Ce que l’on perçoit parfois comme un sentiment de jalousie peut s’avérer être simplement de l’envie (celle par exemple, de passer plus de temps avec notre partenaire). Et cela est bien différent de la jalousie.

Pour pouvoir bien la comprendre il va falloir s’interroger.

Prévenir la jalousie

La jalousie peut parfois s’exprimer intensément, c’est-à-dire par des excès de colère, de rage, de désespoir… Il est difficile d’avoir une quelconque lucidité à cet instant.

Pourquoi

Désamorcer la jalousie, c’est d’abord l’accepter. Rejeter les émotions qui s’emparent de nous fait bien plus de mal que si nous les affrontions une bonne fois pour toute.

Apprenons donc à gérer notre jalousie pour qu’elle cesse de nous dominer. Bien sûr, elle ne deviendra jamais un sentiment plaisant mais, elle sera au moins plus supportable.

Comment

Pour déceler ce que l’on éprouve, on doit tout d’abord observer ce qu’il se passe en nous et s’interroger.

Dans ces moments là, ce qui nous fait le plus de mal c’est d’imaginer ce qui est peut-être en train de se passer, mais la réalité est souvent bien différente que ce que nous nous représentons.

La partie du travail la plus difficile réside dans l’observation des scènes que nous imaginons. Elles nous apprennent beaucoup à propos de nos peurs (qu’est-ce que nous craignons le plus, d’imaginer notre partenaire en train de faire l’amour avec un/une autre ou bien de les imaginer en train de s’embrasser ?) Affronter ces images rend possible l’analyse de ce qui nous effraye vraiment. Comprendre pour désamorcer. Finalement, quand nous prenons conscience qu’elles ne sont que des projections et non la réalité, leur observation devient bien moins douloureuse.

Ensuite, identifier clairement les sentiments qui nous envahissent (je me sens perdu(e), moche, seul(e), trahi(e), nul(le), désespéré(e)…). Dans mon exemple ci-dessus, si ce qui nous angoisse est le fait de les imaginer s’embrasser, demandons-nous quel sens a pour nous ce geste ? (Exemple : C’est une trahison parce que le baiser est pour moi l’expression de sentiments amoureux et c’est de ça dont j’ai le plus peur, que mon/ma partenaire éprouve des sentiments pour quelqu’un d’autre que moi…).

Pour exprimer ce que l’on ressent on peut tout à fait s’aider de l’écriture, le dessin, le sport, la musique… C’est aussi un bon moyen de canaliser sa colère, sa frustration….

Enfin, échanger avec son/sa partenaire à propos de ce que l’on ressent désamorcera les sentiments que nous avons pu ressentir. Il est important dans ces moment-là (et d’autres d’ailleurs) de ne pas l’accuser de notre mal-être. C’est le meilleur moyen pour que la discussion se termine en dispute. Parler en notre propre nom, en utilisant le « je » (ex : « j’ai l’impression que je ne suis pas à la hauteur, du coup, j’ai peur que tu ne m’aimes pas alors je me fais un tas de films qui me mettent en colère voilà ce que ça dit… »). Ainsi, nous nous assurons de l’écoute de notre partenaire.

Parler de ses peurs fait de nous quelqu’un de vulnérable et c’est un sentiment désagréable pour beaucoup d’entre nous, et pourtant cela permet de tisser des liens profonds avec l’autre.

D’ailleurs, il n’est pas toujours simple d’être le/la partenaire de quelqu’un de jaloux. Très souvent incriminé parfois à tort, le partenaire peut vivre difficilement ces crises de jalousie. Ce qu’il est important de noter lorsque l’on est celui qui « subit », c’est que l’écoute est une chose fondamentale dans l’intérêt du couple. Dire à l’autre qu’on ne supporte pas sa jalousie sans même en entendre les raisons (ou au moins de les chercher ensemble) est une chose insupportable et créera davantage de conflits. Rassurer, réconforter et écouter apaisera et rassurera notre partenaire.

Avec le temps, nous apprendrons à faire autre chose dans nos moments de jalousie, ce sera d’ailleurs le bon moment pour prendre soin de soi, de ses ami(e)s… c’est un bon moyen de chasser les images qui nous font du mal et d’apprendre à vivre sereinement notre relation.

Enfin, si nous avons l’impression de ne pas être (assez) aimé(e), il est intéressant d’apprendre à aimer sans rien attendre en retour. C’est surprenant l’effet que cela peut avoir sur la relation.

Si on ne se sent pas capable d’apprendre à gérer notre jalousie seul(e), on peut tout à fait se faire aider par un sexothérapeute, thérapeute de couple, conseiller conjugal…

La jalousie pathologique

Parfois, la jalousie est bien plus qu’un sentiment douloureux, elle relève d’un état psychopathologique sévère. Le délire de jalousie prend le pas sur toutes les capacités de raisonnement d’un individu et son expression ne permet pas de reprendre contact avec la réalité. Dans ce cas, il est important de s’adresser à un professionnel (psychothérapeute, psychiatre…).

2 Commentaires

  1. Dominique Potin-kahn / 12 avril 2016 at 12 h 53 min / Répondre

    Tres bon exposé de ce sentiment naturel propre et inherent a l’etre humain qui dans l absolu souhaiterait etre le seul et unique objet d’amour. La premiere experience de jalousie se joue et s inscrit avec les parents, et la fratrie s’il en est.
    Oui se faire confiance, s’aimer a minima, partager et surtout comme l’ecrit notre redactrice avoir dans le couple une communication « saine et agressive » [M. Bonhomme].
    Bel et intelligent exposé. Merci.

  2. yoann / 17 avril 2016 at 9 h 55 min / Répondre

    La peur que notre conjoint nous trompe sexuellement est la première cause de jalousie dans le couple. Nous vivons à une époque de schizophrénie intellectuelle, les propositions sexuelles publicitaire étant concomitantes aux bonne moeurs des religions du livre.
    Imaginons une vie de couple ou le sentiment d’amour serait totalement dissocié de la pratique du sexe, la jalousie n’aurait plus de support sur lequel se développer.
    À titre personnel, cela a été mon traitement, profond, efficace.

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