Peu d’études sur le sujet, des avis divergents de la part des chercheurs et des médecins, des tabous, de fausses croyances encore trop présentes et pesantes, en somme l’éjaculation féminine et toutes les émissions de fluides diverses associées est un sujet très controversé.

Dans beaucoup de cultures, l’éjaculation féminine était considérée comme l’un des aspects essentiels au plaisir féminin. Parmi elles, je citerai par exemple les celtes, les romains et grecs de l’antiquité, les tantrikas… Les taoïstes considéraient que cet élixir avait le pouvoir légendaire d’inverser le processus de vieillissement. Au japon au XVIème siècle, on récoltait ce flot dans des bols conçus à cet effet. Ils le considéraient comme un aphrodisiaque et ceux qui le consommaient étaient plus heureux et comme régénérés. Pas si absurde lorsque l’on sait que dans ces émissions féminines on retrouve des traces de sérotonine qui est un neurotransmetteur. (Cette molécule est utilisée dans certains médicaments ayant une action sur la quantité de sérotonine et ont des effets bénéfiques sur la dépression.)

Dans notre culture en revanche, des tabous et des fausses croyances existent et persistent :

Certains médecins ont avancé le fait que l’éjaculation féminine avait une fonction anti-bactérienne et que l’organe qui en était responsable c’était atrophié au fil du temps avec l’accession à l’hygiène des femmes modernes. L’éjaculation servirait donc d’autonettoyant, hum…

Du fait que les chercheurs et médecins eux-mêmes s’obstinent à nier cette partie de la réponse sexuelle féminine, certaines femmes ont même cherché à faire réparer cette « incontinence coïtale » par la chirurgie.

En fait, il y a encore peu de temps, on pensait que l’éjaculation féminine était un phénomène très rare, d’où le terme femme fontaine (après la femme à barbe), mais des études récentes, faites par des scientifiques qui en avaient marre de se voiler la face, ont démontré que toutes les femmes avaient la capacité d’éjaculer, que ce phénomène n’était pas si différent de l’éjaculation masculine… et qu’il n’avait d’ailleurs rien à voir avec de l’incontinence urinaire. (Cependant, selon une étude récente publiée dans « The Journal of Sexual Medicine », celle-ci serait le fruit de l’émission de deux fluides différents : l’un serait issu des glandes de Skene, alors que le second aurait les mêmes propriétés que l’urine. Je vous invite à lire le décriptage très juste
de la gynécologue et sexologue Hélène Jacquemin-Le Vern sur Le Plus du Nouvel Obs.)

Bon mais dans la pratique c’est quoi, comment, où, pourquoi ? Autant de questions qui ne resteront pas sans réponse puisque je vais tout vous raconter :

Les études ont prouvé l’existence de la prostate féminine et certains composants biochimiques sécrétés au cours d’une excitation intense, dans la prostate sont comparables à ceux du sperme, dont l’antigène prostatique spécifique (APS) qui est produit par une seule glande du corps humain, il s’agit de la prostate masculine, enfin c’est ce qu’on pensait jusque là… Eh oui !

Il existe deux types d’émissions féminines : il y a le fluide prostatique éjaculatoire (qui a la consistance du sperme) et la giclée (appelée squirt par les chercheurs américains qui est incolore et inodore). Ces fluides sont expulsés par le canal urétral (ho dis donc c’est encore comme les hommes). Et même si la sensation est proche de l’envie de pipi, pas de panique il n’en est rien…

La sécrétion de fluide prostatique est une réponse à l’excitation sexuelle.  Les canaux et les glandes composant la prostate féminine (dont les glandes de Skene qui sont les plus importantes) ne peuvent s’empêcher de produire ces émissions involontaires avant, pendant ou après l’orgasme ou même sans orgasme.

Mais les tabous et les fausses croyances ont réprimé cette réponse purement physiologique au point que la plupart des femmes ne savent plus éjaculer. Elles émettent des quantités infimes et imperceptibles de fluide prostatique. Quant à celles qui savent encore éjaculer, celles-ci sont susceptibles de « gicler » et peuvent expulser des quantités allant de 25 à 100ml. C’est à ce moment là que l’on parle de « femme fontaine ».

Encore un point où les avis divergent; il s’agit du point de départ de cette éjaculation. Certains diront que la stimulation du point G est le déclencheur, d’autres la stimulation du clitoris : eh bien je peux vous dire avec une certitude absolue après avoir fait quelques recherches et expériences que ces zones érogènes sont toutes les deux des déclencheurs !

Une éjaculation féminine peut survenir plusieurs fois durant la stimulation ou l’acte sexuel et n’impose aucune période réfractaire (la voilà la différence avec l’homme !). Sachez aussi qu’avec l’expérience  il est possible de contrôler cette éjaculation.

Si vous souhaitez découvrir l’éjaculation féminine mais que vous n’êtes pas sûre de vous, exercez-vous en solo afin de comprendre et d’apprendre. Mettez de côté les croyances et les tabous. Détendez-vous, prenez le temps et appréciez les sensations de l’éjaculation.

Si vous avez un ou une partenaire de jeu, ne le/la prenez pas par surprise, c’est toujours mieux de parler de cela avant tous les deux afin de savoir si votre partenaire est prêt(e) à vivre l’expérience avec vous. Aidez-le/la à mettre  de côté le tabou qui entoure l’éjaculation féminine en le/la préparant à l’avance. Les partenaires qui apprécient, diront que c’est un fabuleux cadeau que vous leur offrez, un remerciement profond au plaisir qu’il/elle vous aura donné.

Mais votre partenaire n’est pas forcé d’aimer ne l’oubliez pas, soyez indulgente, avec le temps peut-être qu’il ou elle changera d’avis.

En quelques mots, la ressemblance avec l’homme encore une fois en terme de sexualité est flagrante, nous sommes bien égaux et n’avons rien à leur envier… Et je terminerai sur une chose essentielle, même si l’éjaculation est une expérience intéressante et plaisante, elle n’est pas nécessaire au plaisir… on peut avoir une sexualité très épanouie sans cela donc ne vous mettez pas la pression.

A savoir : Uriner immédiatement après les rapports sexuels (afin d’évacuer les bactéries qui sont entrées dans l’urètre) permet d’éviter les infections urinaires.