Le cunnilingus

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30 janvier 2015 à 16 h 57 min  •  Catégorie Amour / sexualité par  •  2 Commentaires

« Ô ton con
Qu’il sent bon
J’y fouille
Tant de la gueule que du blair… »
Paul Verlaine

Cunnilingus vient du latin cunnus, con, c’est-à-dire sexe féminin et lingere, lécher.

Dans le passé…

Le cunnilingus a été tabou dans la société occidentale jusque récemment. En revanche, il a une place importante dans le taoïsme chinois. Celui-ci considère que les fluides corporels sont des fluides vitaux et que de les ingérer permet d’avoir de cette vitalité.

Dans le Kâma-Sutra, il en est tout autrement. Il y a une longue description détaillée des 8 façons de faire une fellation. Mais seulement quelques lignes, concises, sur le cunnilingus. Et il y a même un avertissement :

« Il ne doit jamais être pratiqué par un Brahama lettré, par un ministre chargé des affaires d’un état, un homme de bonne réputation ; car si la pratique en est permise par les Shastra, il n’y a pas de raison qu’on la mette en œuvre, si ce n’est dans les cas particuliers. Ainsi, on mentionne dans les livres de médecine le goût, la force et les qualités digestives de la viande de chien, mais il ne s’ensuit pas que le sage doive en manger ». Intéressante, cette comparaison…

Et en précisant que « ces sortes de choses passionnent tellement certaines courtisanes, qu’elles abandonnent des amants distingués, honnêtes, et instruits, pour s’attacher à des personnes de basse condition». On les comprend !

On trouve très peu de représentations artistiques ou de textes, en Occident, sur le cunnilingus, contrairement à la fellation. C’est assez représentatif de l’enjeu complètement inexistant du plaisir féminin, depuis la nuit des temps.

Sous l’Empire romain, le cunnilingus était déprécié, car il était considéré comme une soumission de l’homme envers la femme.

Quant à l’Eglise, elle réprouve officiellement tout rapport charnel ne menant pas à la procréation. Toute sexualité en dehors du but procréateur et du cadre du mariage est coupable : homosexualité, sodomie, et donc rapports buccaux-génitaux.

Mais aujourd’hui ?

Il existe encore des lois répressives… L’article 377 du code pénal indien punit « les relations charnelles contraires à l’ordre de la nature » d’une peine pouvant atteindre 10 ans d’emprisonnement. Cela inclut le sexe oral, avec « un homme, une femme, ou un animal »

En occident, ce n’est plus un tabou. A noter tout de même que l’acte est peu présent dans les pornos de base, alors que la fellation est systématique.

D’ailleurs, cela n’a pas toujours été le cas. Dans les toutes premières vidéos pornos, il y a beaucoup de scènes de cunnilingus. C’était encore à l’époque, dans les mœurs, considéré comme une sexualité alternative, hors norme, donc excitante.

Comment ça marche

Cette pratique sexuelle, consistant à lécher le sexe féminin et plus particulièrement la vulve (ha pardon, vous le saviez déjà !), tient une place importante dans la sexualité féminine. Le gland du clitoris est aussi sensible que le gland du pénis. Cette zone est celle contenant le plus de corpuscules de volupté (appelé aussi corpuscules de Krause-Finger), capteurs sensitifs du plaisir.

Le cunnilingus est une pratique sexuelle à part entière et non une entrée en matière seulement, d’ailleurs le plaisir procuré peut aller jusqu’à l’orgasme.

Si le gland du clitoris est la zone privilégiée du cunni, il faut tout de même savoir que le reste de la vulve est aussi une zone érogène. Cette zone ne déclenche pas concrètement d’orgasme, mais lors de cette pratique ne restons pas focalisé uniquement sur le gland du clitoris, cela risque d’être ennuyeux.

Le désir chez la femme n’est pas automatique. Il peut survenir avec les caresses, les mots… Il faut que le chemin se fasse dans l’imaginaire quand cela ne vient pas d’elle. Bien entendu, les femmes ont également des envies et dans ces moments-là, elles n’auront pas besoin d’être stimulées pour être en conditions.

Oui, mais quel plaisir pour le partenaire qui lèche ?

Le cunni c’est une histoire de partage sinon ça ne fonctionne pas. C’est comme  l’addition, on partage !
Pour le partenaire qui lèche, son plaisir sera de prodiguer du plaisir à l’autre et de profiter de son excitation. Un partenaire qui apprécie cette pratique sera à son tour excité.

Pour les couples homosexuelles qui ne pratiquent pas la pénétration, il est un acte sexuel complet.

Comment s’y prendre

Voici quelques ingrédients pour que vous soyez à l’aise en tant que léchée ou bien en tant que lécheur/lécheuse :
– Vous pouvez vous rafraîchir avant, mais attention avec un peu d’eau seulement cela suffit car les sécrétions naturelles du sexe féminin risquent de perdre l’une de ses fonctions principales : celui de baume sexuel déclenchant l’excitation chez votre partenaire. Attention à ne pas se « laver » trop souvent car cela détruit la flore vaginale (risque d’infection).
– Lubrifier la vulve (soit naturellement soit avec la salive de votre partenaire) c’est plus confortable et moins irritant.
– Lâcher prise (évitez de penser aux enfants qui dorment à côté ou à votre linge qu’il reste à étendre)
– Guider son/sa partenaire vers les zones qui vous font frémir ou la manière dont il doit s’y prendre (il/elle ne peut pas le deviner pour vous)
– Lorsqu’on est le lécheur ou la lécheuse, apprécier cette pratique
– Etre à l’écoute de votre partenaire

Les mauvais ingrédients :
– Faire un cunni pour faire plaisir (les femmes le ressentent ce qui peut diminuer le plaisir)
– Triturer le clitoris trop longtemps
– Continuer à lécher après un orgasme (sauf si votre partenaire vous y invite) sensibilité souvent trop accrue du gland du clitoris.

Cunnilingus

Les positions :

– La classique : la femme est allongée sur le dos les jambes écartées et le/la partenaire allongée ou assis(e) la tête entre les jambes.
– Debout : la femme debout, les jambes écartées et le/la partenaire à genoux la tête entre les jambes.
– Assise : la femme accroupie au-dessus du visage de son/sa partenaire qui lui/elle est allongé(e) sur le dos.
– Le 69 : double plaisir ! L’un au-dessus de l’autre (sur le côté aussi), la tête de l’un entre les jambes de l’autre et inversement. Peut-être une alternative lorsqu’un ou une partenaire n’est pas franchement excité à l’idée de voir sa partenaire prendre du plaisir sans elle/lui.

Bien entendu, on peut imaginer d’autres positions, mais celles-ci restent les plus répandues.

Les risques

Bien que le risque de contamination soit moins élevé que pour les autres pratiques, le cunnilingus comporte malgré tout un certain risque de transmission d’infections comme l’herpès, le sida, les hépatites car la muqueuse et les fluides corporels sont en contact. Il existe pour se protéger, lorsque l’on ne connaît pas le statut sérologique de sa partenaire, des digues vendues en pharmacie (Dig Dam Dom par exemple) ou bien un préservatif coupé dans la longueur fera l’affaire pour ne pas mettre en contact bouche et vulve.

On a tout dit

Cet acte sexuel est souvent considéré comme une pratique préliminaire à la pénétration. Cela peut être une entrée en matière effectivement. Mais aussi, lorsque celui-ci est excitant pour les 2 partenaires que le plaisir est partagé, il devient un acte sexuel à part entière.

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