C’est quoi le 8 mars ?

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8 mars 2017 à 9 h 00 min  •  Catégorie Sujets de société par  •  0 Commentaires

Aujourd’hui, nous sommes le 8 mars. Et vous savez ce que c’est le 8 mars ?
– La fête de la femme !
– Raté…
– La journée de la femme !
– Mieux mais toujours pas…
– La journée DES femmes !
– Allez encore un petit effort on y est presque…
– Ah, je sais !  La journée internationale de lutte pour les droits des femmes !
Ah ce qu’elles sont tatillons sur les mots ces féministes, on ne sait plus comment leur parler… On leur offre des fleurs, ce n’est pas le bon jour… On ne leur offre pas de fleurs, on nous reproche de ne rien faire pour le 8 mars… Pas facile de s’y retrouver et d’éviter les pièges sexistes.

C’est vrai, mais les mots comme les actes ont un sens et ils peuvent parfois faire bouger les lignes. Il me semblait alors important de faire un petit rappel. Le 8 mars n’est donc pas une célébration de LA femme (c’est qui celle là ? On la connait ?) mais bien une journée de lutte politique. Il est alors de bon ton de favoriser des actions militantes plutôt que d’offrir des fleurs à minouche pour la remercier de tout le boulot qu’elle s’est tapée à la maison durant l’année. Car non il ne s’agit pas de dire MERCI aux femmes. Il s’agit de dire STOP aux inégalités.

A l’origine

Pour bien comprendre ce qu’est le 8 mars, je vous propose un petit retour en arrière. A l’origine, cette journée apparaît au début du XXème siècle sur une proposition de Clara Zetkin, présidente de l’International socialiste des femmes, qui lutte pour le droit de vote des femmes, puis pour de meilleures conditions de travail et une égalité entre les sexes. Mais la date n’est pas encore fixée. A partir de 1917 et la grève des ouvrières de St Petersbourg,  le 8 mars s’ancre dans une tradition de lutte ouvrière. Ce n’est qu’en 1977, après les mouvements féministes des années 70, que l’ONU l’institutionnalise et déclare le 8 mars comme « la journée internationale de la femme », puis elle est officialisée en 1982 en France à l’initiative du MLF en rappelant que c’est avant tout une journée de lutte pour les droits des femmes.

Et en 2017 alors ?

Cette année, le 8 mars est placé sous le signe de l’égalité au travail avec ce thème déclaré par l’ONU : Les femmes dans un monde du travail en mutation : Planète 50/50 d’ici 2030.

Les femmes et les filles effectuent  2/3 du travail mondial pour 5% du revenu mondial. Pourquoi ? Elles effectuent la grande majorité des tâches domestiques et des soins (travail non rémunéré), occupent les postes les moins qualifiés (et donc les moins rémunérateurs), sont contraintes au travail à temps partiel, et à poste égal le salaire n’est pas égal. En France, l’écart moyen de salaire entre un homme et une femme est de 26%. Elles sont encore extrêmement minoritaires aux postes à responsabilité. Voilà pour le constat. Il faut maintenant trouver le moyen de renverser la vapeur. Et le 8 mars a pour vocation de faire entendre ces chiffres et de mettre en lumière des actions militantes.

Un appel à la grève 

C’est pourquoi, un collectif d’organisations féministes appelle les femmes à cesser de travailler ce mercredi à 15h40. Cette heure symbolique représente l’heure à partir de laquelle les femmes ne sont plus rémunérées pour leur travail. Fait assez rare, cet appel à la grève est mondial. Un mouvement de grande ampleur est en marche, impulsé notamment avec la mobilisation contre Donald Trump. En Pologne, en Turquie, en Argentine, les femmes se soulèvent pour crier leur force et leur refus d’un monde machiste, dirigé par et pour les hommes blancs. Parvenir à cette égalité nécessite de repenser globalement nos sociétés.

Un jour sans femme

L’organisation « Women’s March » appelle à un jour sans femmes, c’est-à-dire :

  • Prendre congé du travail payé et non payé
  • Ne pas consommer
  • S’habiller en rouge en solidarité

Ce type d’action s’inspire d’une action menée à New-York « la journée sans immigrants ». Ce 8 mars est également l’occasion de rappeler que les femmes migrantes sont toujours plus précarisées et discriminées de par leur accès aux droits, au titre de séjour, à l’emploi. Chaque femme doit pouvoir bénéficier d’un emploi décent, rémunéré à sa juste valeur.

Plus largement les personnes trans identitaires sont victimes de discriminations accrues. Ce 8 mars est aussi un appel à l’égalité entre les genres et les identités aussi multiples soient-ils.

 

Tant que l’égalité ne sera pas acquise, il faudra toujours agir le 8 mars, ainsi que chaque jour de l’année. Et parce que cette journée a une importance par la lucarne qu’elle nous offre dans l’espace médiatique, j’en appelle aux acteurs de l’audiovisuel. Il est formidable de combattre les discriminations le 8 mars, mais… (et oui il y a toujours un « mais » avec ces foutues féministes) l’étape suivante serait d’y apporter une attention particulière chaque jour de l’année. Que pour chaque programme télévisé se pose la question de la parité dans les experts invité(e)s, que les fictions laissent apparaître des personnages de dirigeantes politiques et économiques, que les comédiennes de 50 ans ne disparaissent pas de nos écrans, qu’enfin le monde cathodique soit à l’image de notre monde, avec toutes ces femmes puissantes qui le composent.

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