L’éjaculation féminine ou le nectar sacré

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24 janvier 2014 à 11 h 00 min  •  Catégorie Amour / sexualité par  •  20 Commentaires

Peu d’études sur le sujet, des avis divergents de la part des chercheurs et des médecins, des tabous, de fausses croyances encore trop présentes et pesantes, en somme l’éjaculation féminine et toutes les émissions de fluides diverses associées est un sujet très controversé.

Dans beaucoup de cultures, l’éjaculation féminine était considérée comme l’un des aspects essentiels au plaisir féminin. Parmi elles, je citerai par exemple les celtes, les romains et grecs de l’antiquité, les tantrikas… Les taoïstes considéraient que cet élixir avait le pouvoir légendaire d’inverser le processus de vieillissement. Au japon au XVIème siècle, on récoltait ce flot dans des bols conçus à cet effet. Ils le considéraient comme un aphrodisiaque et ceux qui le consommaient étaient plus heureux et comme régénérés. Pas si absurde lorsque l’on sait que dans ces émissions féminines on retrouve des traces de sérotonine qui est un neurotransmetteur. (Cette molécule est utilisée dans certains médicaments ayant une action sur la quantité de sérotonine et ont des effets bénéfiques sur la dépression.)

Dans notre culture en revanche, des tabous et des fausses croyances existent et persistent :

Certains médecins ont avancé le fait que l’éjaculation féminine avait une fonction anti-bactérienne et que l’organe qui en était responsable c’était atrophié au fil du temps avec l’accession à l’hygiène des femmes modernes. L’éjaculation servirait donc d’autonettoyant, hum…

Du fait que les chercheurs et médecins eux-mêmes s’obstinent à nier cette partie de la réponse sexuelle féminine, certaines femmes ont même cherché à faire réparer cette « incontinence coïtale » par la chirurgie.

En fait, il y a encore peu de temps, on pensait que l’éjaculation féminine était un phénomène très rare, d’où le terme femme fontaine (après la femme à barbe), mais des études récentes, faites par des scientifiques qui en avaient marre de se voiler la face, ont démontré que toutes les femmes avaient la capacité d’éjaculer, que ce phénomène n’était pas si différent de l’éjaculation masculine… et qu’il n’avait d’ailleurs rien à voir avec de l’incontinence urinaire. (Cependant, selon une étude récente publiée dans « The Journal of Sexual Medicine », celle-ci serait le fruit de l’émission de deux fluides différents : l’un serait issu des glandes de Skene, alors que le second aurait les mêmes propriétés que l’urine. Je vous invite à lire le décriptage très juste
de la gynécologue et sexologue Hélène Jacquemin-Le Vern sur Le Plus du Nouvel Obs.)

Bon mais dans la pratique c’est quoi, comment, où, pourquoi ? Autant de questions qui ne resteront pas sans réponse puisque je vais tout vous raconter :

Les études ont prouvé l’existence de la prostate féminine et certains composants biochimiques sécrétés au cours d’une excitation intense, dans la prostate sont comparables à ceux du sperme, dont l’antigène prostatique spécifique (APS) qui est produit par une seule glande du corps humain, il s’agit de la prostate masculine, enfin c’est ce qu’on pensait jusque là… Eh oui !

Il existe deux types d’émissions féminines : il y a le fluide prostatique éjaculatoire (qui a la consistance du sperme) et la giclée (appelée squirt par les chercheurs américains qui est incolore et inodore). Ces fluides sont expulsés par le canal urétral (ho dis donc c’est encore comme les hommes). Et même si la sensation est proche de l’envie de pipi, pas de panique il n’en est rien…

La sécrétion de fluide prostatique est une réponse à l’excitation sexuelle.  Les canaux et les glandes composant la prostate féminine (dont les glandes de Skene qui sont les plus importantes) ne peuvent s’empêcher de produire ces émissions involontaires avant, pendant ou après l’orgasme ou même sans orgasme.

Mais les tabous et les fausses croyances ont réprimé cette réponse purement physiologique au point que la plupart des femmes ne savent plus éjaculer. Elles émettent des quantités infimes et imperceptibles de fluide prostatique. Quant à celles qui savent encore éjaculer, celles-ci sont susceptibles de « gicler » et peuvent expulser des quantités allant de 25 à 100ml. C’est à ce moment là que l’on parle de « femme fontaine ».

Encore un point où les avis divergent; il s’agit du point de départ de cette éjaculation. Certains diront que la stimulation du point G est le déclencheur, d’autres la stimulation du clitoris : eh bien je peux vous dire avec une certitude absolue après avoir fait quelques recherches et expériences que ces zones érogènes sont toutes les deux des déclencheurs !

Une éjaculation féminine peut survenir plusieurs fois durant la stimulation ou l’acte sexuel et n’impose aucune période réfractaire (la voilà la différence avec l’homme !). Sachez aussi qu’avec l’expérience  il est possible de contrôler cette éjaculation.

Si vous souhaitez découvrir l’éjaculation féminine mais que vous n’êtes pas sûre de vous, exercez-vous en solo afin de comprendre et d’apprendre. Mettez de côté les croyances et les tabous. Détendez-vous, prenez le temps et appréciez les sensations de l’éjaculation.

Si vous avez un ou une partenaire de jeu, ne le/la prenez pas par surprise, c’est toujours mieux de parler de cela avant tous les deux afin de savoir si votre partenaire est prêt(e) à vivre l’expérience avec vous. Aidez-le/la à mettre  de côté le tabou qui entoure l’éjaculation féminine en le/la préparant à l’avance. Les partenaires qui apprécient, diront que c’est un fabuleux cadeau que vous leur offrez, un remerciement profond au plaisir qu’il/elle vous aura donné.

Mais votre partenaire n’est pas forcé d’aimer ne l’oubliez pas, soyez indulgente, avec le temps peut-être qu’il ou elle changera d’avis.

En quelques mots, la ressemblance avec l’homme encore une fois en terme de sexualité est flagrante, nous sommes bien égaux et n’avons rien à leur envier… Et je terminerai sur une chose essentielle, même si l’éjaculation est une expérience intéressante et plaisante, elle n’est pas nécessaire au plaisir… on peut avoir une sexualité très épanouie sans cela donc ne vous mettez pas la pression.

A savoir : Uriner immédiatement après les rapports sexuels (afin d’évacuer les bactéries qui sont entrées dans l’urètre) permet d’éviter les infections urinaires. 

20 Commentaires

  1. Olivier / 29 janvier 2014 at 9 h 48 min / Répondre

    Nous avons, ma compagne et moi (32 et 42), eu la joie de découvrir cette nouvelle forme de plaisirs et elle a été tellement surprise et enchantée qu’elle en redemande. C’est en effet fascinant de découvrir le corps de la femme sous cet aspect, de découvrir et faire découvrir ce type de plaisir si différent, si intense… une vraie drogue naturelle et vivifiante.
    Je dois également reconnaitre une certaine fierté lorsque je la guide vers cette jouissance et un honneur en même temps de profiter de ces instants avec elle 🙂 messieurs, si vous ne l’avez encore jamais abordé, renseignez-vous, apprenez, découvrez, vous ne pourrez qu’en profiter, une femme comblée est une satisfaction sans comparaison!
    merci pour ce très bon article Alexia!

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  3. michel / 17 avril 2014 at 10 h 45 min / Répondre

    bonjour a vous en effet avoir le privilege de connaitre une ou plusieurs femmes fontaine est un honneur et un bonheur que les autres femmes ne connaissent pas certaines sont honteuses de cet etat a tord car meme si l afflu peut etre consequent quel bonheur pour le partenaire de savoir emmenener sa compagne jusqu au plus profond de sa jouissance et pouvoir renouveler ce plaisir presque a l infini alors que nous n avons pas cette possibilite nous les garcons merci mesdames de nous offrir ce cadeau

  4. Emi Liée / 17 avril 2014 at 15 h 02 min / Répondre

    Merci pour cet excellent article ^^

    Je serais ravie de tenter l’experience mais concretement que fait-on pour s’exercer et y arriver? Y a-t-il des exercices pour ca?

    Merci!

    • Alexia B. / 17 avril 2014 at 15 h 17 min / Répondre

      Le plaisir solitaire est une bonne manière de s’initier. Et surtout lacher prise.

    • Roberr / 7 août 2016 at 12 h 50 min / Répondre

      Bonjour

      Oui par des massages type tantrique ou yoni entre autre.

      Si vous voulez en savoir plus
      Http:// http://www.relaxationzen.fr.gd

      Je suis relaxologue sexotherapeuthe depuis 1997.

  5. Jeanne / 30 mai 2014 at 22 h 56 min / Répondre

    Merci pour cet article vraiment très bien fait et complet.
    Je voudrais revenir toutefois sur un point : le côté « nettoyant ». Dans un sens, comme il est expulsé par l’urètre, le liquide nettoie tout de même (d’une façon mécanique) les éventuelles bactéries comme E.Coli, etc … qui auraient pu se glisser dans l’urètre pendant l’acte sexuel, et qui sont notamment responsables d’un grand nombre d’infections urinaires.
    Cependant, après avoir eu un an d’infections urinaires à répétition justement à l’époque où j’ai découvert cette capacité de mon corps et que ça m’arrivait à chaque rapport; je n’ai pu m’empêcher de faire le lien. Ce côté nettoyant d’un point de vue mécanique n’est donc pas suffisant. Ou il est contrebalancé par autre chose. Il semblerait que justement les glandes de Skène soient une sorte de « réservoir » à bactéries, où elles se reproduisent à foison. Un urologue a d’ailleurs fait une étude en les supprimant à plusieurs femmes et leurs infections urinaires ont énormément baissé. (le rapport scientifique; ici : http://www.urofrance.org/science-et-recherche/base-bibliographique/article/html/la-meatoskenectomie-avec-uretrostomie-perineale-traitement-des-cystites-recidivantes-de-la-f.html , et l’explication plus « grand public » ici : http://sante-guerir.notrefamille.com/sante-a-z/la-meatoskenectomie-une-chorurgie-de-reference-pour-une-infection-urinaire-recidivante-chez-la-femme-o214810.html ).
    Il reste que cette intervention, du point de vue « moral », m’apparait comme très invasive, triste pour ma future vie sexuelle (bien qu’elle me permettrait d’avoir moins à changer mes draps, ahah) et du point de vue « féministe », ça me ferait suer qu’on me retire la preuve que mon systène uro-génital est l’identique de celui d’un homme…donc j’ essaie tous les autres moyens en attendant (antibiothérapie longue…).
    Sinon, je tiens à préciser que le liquide est inodore à l’émission, mais qu’au bout de quelques jours sur une serviette ou des draps, par exemple, ça sent…comme l’urine « passée ». Je pense qu’il y a des composants en commun malgré tout 🙂
    Mais je confirme : il est nécessaire de « lacher prise » pour découvrir cette capacité. Vous sentirez peut etre une « envie d’uriner » au moment où vous prenez du plaisir, c’est à ce moment là je pense qu’il faut laisser aller. Et je confirme : avec une personne qui nous aime et qui aime nous faire plaisir, ça passe plus souvent pour un « cadeau » que comme une chose étrange, mais il est bien d’en avoir déjà parlé, ceci dit.
    Par contre ça n’est pas toujours lié au moment où on jouit, je confirme. ça peut être avant, pendant ou après, et selon moi pas forcément lié à un geste ou une pratique particulière 🙂 (ni à une zone en particulier)

  6. Jeanne / 30 mai 2014 at 23 h 00 min / Répondre

    Petite anecdote au passage : après avoir fait ce lien entre « nombreuses éjaculations » et « infections urinaires très répétées », je vais voir un urologue (dont le cabinet était rempli d’hommes, aucune femme). Je lui expose le problème, et il me dit : « ah non mais ça , voyez avec votre gynéco, c’est sûrement les glandes de Bartholin… »et balaie le problème d’un revers de la main. Un éventuel lien entre les deux? pas son problème.
    Donc , super : un urologue qui ne connait rien au corps des femmes (ce sont les glandes de Skène qui produisent ce liquide, et non celles de Bartholin, qui servent à lubrifier le vagin et produisent la cyprine), et pour qui ‘les histoires de filles, même urinaires à priori, sont à voir avec une gynéco »… triste…

    • Alexia B. / 31 mai 2014 at 9 h 38 min / Répondre

      Merci pour votre commentaire très intéressant!
      Certains facteurs favorisent les infections urinaires comme le fait de ne pas uriner juste après les rapports sexuels (pour évacuer les bactéries qui sont entrées dans l’urètre) par exemple.

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  9. Jeanne.L / 19 août 2014 at 18 h 34 min / Répondre

    Pour info j’ai plusieurs fois eu des éjaculations féminines qui s’accompagnent effectivement de beaucoup de plaisir mais ne sont pas nécessairement synonyme d’orgasme. Je tenais à le préciser.

    Super article en tout cas.

    • Alexia BACOUËL / 19 août 2014 at 19 h 16 min / Répondre

      Tout à fait nous l’avons également précisé dans l’article « Les canaux et les glandes composant la prostate féminine (dont les glandes de Skene qui sont les plus importantes) ne peuvent s’empêcher de produire ces émissions involontaires avant, pendant ou après l’orgasme ou même sans orgasme. »

  10. Frédérique / 22 août 2014 at 15 h 06 min / Répondre

    Bonjour
    Mon ami m’en a parlé, il disait donc vrai « ttes les femmes peuvent être fontaines »
    Je ne le croyais pas et cela ne m’est jamais arrivé, après avoir lu cet article je vais maintenant me pencher sur le cas (vraiment). Lâcher prise, oups! bien qu’avec lui c’est bien parti, j’arrive à jouir dans plusieurs positions de plusieurs façons, chose que je ne connaissais pas avant. Qu’une seule fonctionnait (celle ou c’est moi qui menais la danse)
    Mais j’aimerais qq conseil svp ???
    De plus c’est bête surement mais le fait que çà lui soit arrivé avec plusieurs partenaires avant ne me met pas à l’aise … alors que çà confirme le fait qu’il serait surement un bon guide.
    Merci

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  12. martine wallez / 31 juillet 2015 at 17 h 49 min / Répondre

    Bonjour. Bien que je sois agée de 67 ans, je suis intéressée. Tard j ai entendu parler de femmes fontaines par un jeune amant. Je n’ai pas connu cela, sauf une légère sensation 1 fois. Blessure de femme, et éducation peut être ont bloqué ce phénomène. J ai fait un stage d’épanouissement intime avec Karine Nivon, et me suis mieux découverte avec plaisir. Merci de parler sur ce sujet, une partie de nous intime, si bien! Encore des découvertes à expérimenter!! Bien du beau plaisir à toutes, et tous!

  13. El / 25 mars 2016 at 22 h 11 min / Répondre

    J’ai eu le plaisir recemment de decouvrir ce phenomene avec un partenaire en qui j’ai pleinement confiance, et apres l’effet de surprise la 1ere fois, j’ai ressenti un plaisir decuplé la fois d’apres, quelque chose vraiment d’extraordinaire, l’impression d’atteindre le nirvana ! Juste waouhhhhh !!

  14. Josef / 8 mai 2016 at 16 h 28 min / Répondre

    Ma copine n ejacule qu’à avec mes mains

  15. Les Infemmes / 7 août 2016 at 16 h 26 min / Répondre

    Nous avons fait un essai de schématisation et de dénomination* des fluides de l’excitation sexuelle féminine :

    http://lesinfemmes.blogspot.fr/2015/12/lantiseche-du-clito-fanzine-fluides.html

    * et oui parce que la plupart de ces fluides n’ont aucun nom officiel et n’apparaissent donc pas dans les dictionnaires et les manuels… Cela participe de l’invisibilisation du phénomène (dans une société du LOGOS ce qui n’est pas nommé, n’existe pas…) et de la non-transmission des savoirs !

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